Macron rogne le papy Condé: Conakry échaudé !


Il se doutait mais, certainement, si Alpha Condé savait qu’Emmanuel Macron allait bien le rogner avec l’autre papy ivoirien jusque-là indécis, il n’allait sans doute pas effectuer le déplacement, même en invitation étrange. Emmanuel Macron attendait de pieds fermes ses hôtes africains tentés de briguer un 3è mandat, alors que leur Constitution ne leur permet pas.

Ainsi, ce 15 août mémorable consacré aux cérémonies du 75e anniversaire du débarquement en Provence aura été la bonne occasion de se rendre hommage, mais surtout d’être coincés par un Macron tout à fait contre toute présidence à vie en Guinée et en Côte d’Ivoire. Condé et Ouattara, en présence de l’entremetteur qui a pour nom Nicolas Sarkozy. Point de tête à tête avec ses homologues africains mais, selon l’Elysée, « des apartés sont évidemment toujours possibles ». Et c’est cette occasion que Paris a choisie pour rogner Ouattara et Condé dont les similitudes politiques sentent une hantise de 3è mandat. Les deux présidents doivent finir leur dernier mandat à la fin 2020.

Sauf que ni Alassane Ouattara ni Alpha Condé ne peuvent théoriquement prétendre à un troisième mandat. Mais le premier a fait adopter une nouvelle Constitution en 2016 (sans modifier le verrou des deux mandats) et le deuxième a enclenché un processus similaire qui n’a pas encore pas abouti. Prétextant que les nouvelles constitutions remettent à zéro les compteurs, les proches des deux chefs d’Etat arguent que leurs champions ont la possibilité de se représenter devant les électeurs. Ce que craignent les oppositions dans les deux pays.
Pour Ouattara, laissant toujours planer le doute sur ses intentions lors d’une interview à la RTI, le 6 août, à la veille de la fête de l’Indépendance, il fera « savoir (ma décision) en 2020… Je vais prendre ma décision au moment opportun et sur la base de ce que mon parti me dira de faire. » Selon la presse française, à l’Elysée comme au Quai d’Orsay, les candidatures des partenaires ivoirien et guinéen à un troisième mandat représenteraient un grand danger pour la stabilité de leurs pays. Pour Condé, c’est le peuple qui décide.
Seulement, voilà ! Des ministres et autres sirènes révisionnistes sillonnent montagnes et vallées à travers l’ANAFIC pour magnifier les œuvres du souverain de Sékoutouréya. Puisse Sarkozy inspirer les deux amis ivoirien et guinéen afin que les papys ouest africains se rassurent qu’il y a bien une autre vie après la présidence. De toutes les façons, « Monsieur Alpha Condé est en train d’utiliser les trois instruments pour faire passer son projet. C’est l’intimidation, la répression et la corruption. Des sommes d’argent sont déversées partout à l’intérieur pour acheter des leaders d’opinion, pour acheter des élus, afin qu’ils soutiennent cette affaire de troisième mandat. Mais ça ne passe pas. Les Guinéens n’en veulent pas », a dénoncé Cellou Dalein Diallo.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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