Makanéra à l’UFDG, faut-il accorder du crédit à ce rapprochement ?‏

L’apparition, samedi lors de l’assemblée générale ordinaire de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), de l’ancien ministre de la Communication Alhousseine Makanéra Kaké alimente les débats à Conakry. Si quelques mois plutôt, M. Kaké était l’un des plus grands adversaires du parti de Cellou Dalein Diallo — en terme de virulence de discours —, la veste semble être désormais retournée. Pour justifier ce rapprochement «suspect», l’ancien propagandiste du président Alpha Condé dit s’être trompé de choix. Et, jure-t-il, quand il se rend compte qu’il s’est trompé, il demande pardon.

Pour donner bonne impression de ce qu’il avance, Makanéra demande «pardon» à Dalein Diallo. Cette attitude est positivement perçue par beaucoup de militants, voire des responsables de l’UFDG qui affirment que les portes de leur parti sont ouvertes à tout le monde, donc y compris ceux qui les traitent de tous les mots. En l’espace de quelques mois, le «démagogue» Kaké est devenu un héros pour certains. Mais quel crédit accorder au ralliement d’un Makanéra, qui n’hésitait pas à puiser dans le Coran (livre saint de l’islam) pour magnifier le bilan de son mentor d’alors, Alpha Condé ?

Aujourd’hui, peut-être, l’UFDG a besoin de plus de soutiens face à celui qui l’a empêchée à deux reprises en 2010 et 2015 de prendre le pouvoir en Guinée, et surtout entend tirer profit des mécontentements qui secouent le RPG/Arc-en-ciel, au pouvoir, avec les mouvements de frondeurs et la sortie polémique du président Condé contre «les cadres malinkés malhonnêtes». Mais delà à considérer la parole du fondateur du “Mouvement Dimborè” comme une montagne, cela relève évidemment d’une naïveté grotesque que le principal parti d’opposition doit apprendre à dépasser.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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