Mal gouvernance : L’éducation guinéenne au bord du gouffre

Alors que les autorités ont jusque-là minimisé l’ampleur de la crise qui mine le secteur de l’éducation, la grève des enseignants se poursuit avec ses conséquences incalculables. Retard dans le programme des cours, manifestations  dans plusieurs établissements publics tant à Conakry qu’à l’inférieur du pays, baisse de niveau des élèves, tentative de récupération politique, crise économique et financière qui frappent de plein fouet les écoles privées confrontées à deux situations sérieuses :  le payement des frais de loyer ainsi que la masse salariale des enseignants.

Malgré tout, le gouvernement qui a été contraint de fermer les écoles publiques et privées jusqu’à nouvel ordre, reste pour l’instant intransigeant face à la revendication syndicale.

Fort du soutien de taille des élèves, de la Société civile et  certains acteurs politiques, l’inter centrale syndicale à l’origine de la grève qui se poursuit, malgré l’appel du gouvernement pour une reprise des cours, maintient la pression et exige la totale satisfaction de ses revendications.

Du côté des parents d’élèves, l’inquiétude est grande.  On craint une année blanche dont les conséquences seront suicidaires pour le pays. C’est dans cette situation, que des acteurs politiques entrent dans la danse pour soutenir le corps enseignant et accentuer la crise.

Déjà, l’association des parents d’élèves et amis de l’école en collaboration avec les fondateurs des écoles privées lancent un ultimatum de 48 heures au gouvernement pour la réouverture des classes.

Coincé jusqu’au mur, le gouvernement ne veut pas pour l’instant lâcher du lest. Les propositions de sortie de crise qu’il (gouvernement) a proposées ont été rejetées en bloc par les syndicalistes, plus que jamais déterminés à poursuivre le mouvement de protestation.

Toutefois, la porte d’une éventuelle poursuite des négociations reste toujours ouverte, même si les syndicats exigent la prise en compte de l’intégralité de leurs points de revendication.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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