Malgré la perte de son leader, l’Etat Islamique n’est pas encore mort

Le chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, est mort. C’est ce qu’a confirmé hier Donald Trump. Il a été tué suite à une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie, dans la région d’Idleb. après avoir fait sauter sa ceinture d’explosifs. Les résultats de l’analyse ADN confirment son identité, selon le président américain.

C’est lui, en juillet 2014, qui avait proclamé un « califat » depuis la mosquée al-Nouri à Mossoul. Sa mort pourrait signifier la fin du groupe Etat islamique, qui avait déjà perdu toute emprise territoriale en mars dernier ? Pour Wilson Fache, correspondant au Moyen-Orient, cela ne signifie pas pour autant la fin du groupe. « L’organisation compte toujours de nombreux membres et soutiens en Irak et en Syrie« , explique-t-il.

« Elle continue toujours de revendiquer des attaques avec par exemple il y a deux semaines un attentat à la voiture piégée dans la ville syrienne de Qamishli. Un membre du contre-terrorisme irakien me disait hier que c’est surtout une mort symbolique. Alors oui tout le monde s’accorde à dire que l’organisation n’est plus capable de reprendre et contrôler des territoires, mais le groupe Etat islamique n’a pas besoin d’Abou Bakr al-Baghdadi pour continuer à fonctionner« .

« Sa mort ne signifie pas que justice a été rendue »

L’annonce de sa mort a été célébrée en Irak et en Syrie mais tous ne considère pourtant pas que justice a été rendue. « Pour énormément de gens dans la région c’est effectivement une nouvelle qui mérite célébrations« , confirme Wilson Fache. « Même si on sait très bien ici, peut-être plus qu’ailleurs, que l’organisation conserve un pouvoir de nuisance. Et que par exemple le chaos que l’on voit en ce moment dans le nord de la Syrie est aussi une opportunité pour les djihadistes de mener leur résurgence. Et si l’on célèbre, un certain nombre de voix s’élèvent aussi pour dire que la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi ne signifie pas que justice a été rendue.

Pour beaucoup de ces victimes, en Irak et en Syrie, justice sera rendue le jour ou des cadres de l’organisation terroriste seront jugés pour les crimes qu’ils ont commis explique le correspondant. « Des victimes du groupe Etat islamique me faisaient part de leur frustration de voir ce chef tué plutôt que jugé lors d’un véritable procès », précise-t-il.

Si le président américain Donald Trump  a décrit la mort de Bagdadi en détails et espère pouvoir en bénéficier dans les sondages, la Russie explique ne pas avoir encore « d’informations fiables » sur une « énième mort » du chef du groupe terroriste Etat islamique.
 Source: rtbf.be

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