MALI : Une ville fantôme

Le vendredi et le samedi derniers, la ville de Mali, dans la région administrative de Labé, a subi des violences inouïes de la part du colonel Issa Camara et de ses hommes. Nées des réactions populaires à l’abus d’autorité des hommes du colonel sur un vieux chauffeur dont le véhicule en panne, obstruait la voie qu’empruntait le cortège de l’ex-membre du CNDD, les hostilités, les violences se sont étendues à toute la ville, entrainé une trentaine de blessés dont environ une dizaine par balles. Cédant à une forme de rébellion restée inexpliquée, le colonel et ses hommes se sont livrés à des exactions qui ont étendues aux biens des citoyens (boutiques, magasins, véhicules, etc). Conséquence, Mme Souaré Hadja Aminata, une militante de la société civile basée sur place a confié ce matin chez nos confrères de Lynx FM que Mali affiche aujourd’hui l’image d’une ville fantôme.
Décrivant par le menu les agissements des hommes du colonel rebelle, elle rappelle qu’au compte du samedi notamment, « Le gouverneur avait réuni toute la ville et était en train de demander aux gens d’aller se mobiliser à la maison des jeunes où il entendait s’adresser à eux. Subitement, le colonel Issa Camara a fait venir sa troupe. Les militaires sont venus tirer sur les gens. Ils ont notamment tiré à bout portant sur un homme. Moi je suis allée me réfugier dans une cuisine et je me demande même comment le gouverneur, Saadou Keïta, a pu se sauver ».
Pour ce qui est des actes de vandalisme, elle confie : « Toutes les boutiques où on peut trouver des articles ont été bousillées, incendiées. Actuellement, Mali affiche l’image d’une ville fantôme qui a subi une rébellion ». Elle rappelle aussi que c’est dans un climat des plus tendus que les citoyens se sont acquittés de la prière de la vendredi. Car, révèle-t-elle, « de partout, ce n’était que des pon ! pan ! », allusion faite aux crépitements des armes.
Si le colonel récalcitrant a été neutralisé, limogé et remplacé, elle pense toutefois que la ville de Mali soit débarrassée de ses « brebis galeuses ». Toutefois, elle précise qu’il faille faire la différence entre ces brebis, aux comportements inacceptables, et des militaires disciplinés nécessaires à la sécurité de la ville.
Anna Diakité, www.kababachir.com  
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.