Mamady Kaba, un insurgé ?

Eu égard aux nombreuses crises que la Guinée de manière latente, le président de l’Institution indépendante des droits de l’homme (INIDH) se fend d’une déclaration dont la teneur laisse penser que l’homme est à bout des nerfs. Il en a ras-le-bol et est obligé de cracher le trop-plein. Il est si hanté par les sombres perspectives au-devant court le pays qu’il intitule sa déclaration « la démocratie en danger ». A juste titre pourrait-on dire au regard des indices qu’il a déclinés.

Le premier indice qui, selon Mamady Kaba expose la Guinée, à un danger, ce sont les propos récents du directeur général de la police à N’Zérékoré. Propos dans lesquels Bangaly Kourouma se prononçait pour une présidence à vie d’Alpha Condé. Estimant que la sortie du DG de la police est d’une « extrême gravité », Mamady Kaba rappelle au passage que l’auteur des propos est « le chef suprême de la police nationale, le détenteur de l’autorité et du pouvoir légitime d’encadrement des manifestations sur les places et les voies publiques, ainsi que de la gestion de la sécurité publique » et que les propos eux-mêmes qui « violent l’obligation de réserve et de neutralité qu’impose la loi à tout agent de la fonction publique, sont totalement incompatibles avec les idéaux de  Démocratie et des Droits Humains auxquels aspirent le peuple de Guinée et pour lesquels d’importants sacrifices ont été consentis notamment de 2007 à nos jours ».

Mais selon Mamady Kaba, cette sortie de Bangaly Kourouma, aussi symptomatique soit-elle, n’est pas le seul acte qui menace la jeune démocratie guinéenne. En plus, il cite également les dispositions de l’accord politique du 12 octobre relatives au mode de désignation des chefs de quartiers et districts. Il dénonce de même la détention dit-il « injustifiée » de Fatou Badiar, du commandant AOB et de leurs compagnons d’infortune, ainsi qu’il déplore la lenteur dans le dossier du massacre du stade du 28 septembre.

Au titre des recommandations, il demande au président Alpha Condé ni plus, ni moins que la révocation du directeur général de la police. Au sujet de la controverse portant sur un éventuel troisième mandat, Mamady Kaba sollicite du chef de l’Etat qu’il y mette fin en faisant une déclaration qui le démarquerait d’une aventureuse qui « risque de susciter la prochaine crise politique et sociale la plus grave de notre histoire récente ». Il plaide également en faveur de la grâce pour Fatou Badiar et Cie dans la mesure, à ses yeux, leur détention « a perdu sa légitimité d’autant plus que le procès ayant abouti à leur condamnation n’est pas indemne de critiques ».

Sur le dossier des massacres du stade du 28 septembre aussi, il a une recommandation tranchante. En effet, sa proposition est de « transférer le dossier du 28 Septembre à la Cour Pénale Internationales de (CPI) ou à une juridiction supranationale plus indépendante et plus efficace afin d’assurer la garantie de non répétition de crimes de cette nature et briser le sentiment qu’ont certaines catégories de la société guinéenne d’être au-dessus des lois ».

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’y est vraiment pas allé avec le dos de la cuillère. Une attitude qui n’est pas légion au sein de l’élite guinéenne.

Mohamed Sow , www.kababachir.com

 

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