Mamady Youla : «Le gouvernement tend la main à ceux qui veulent dialoguer»

Nommé Premier ministre le 26 décembre 2015, Mamady Youla était ce matin l’invité de l’émission Les Grandes gueules de radio Espace FM. Au cours son intervention, le chef du gouvernement guinéen a donné son point de vue sur le processus de dialogue censé décrisper le climat politique entre pouvoir et opposition, mais qui est en panne. Pour Mamady Youla, dialoguer, discuter, collaborer, négocier ne se font jamais seuls. «Il faut au moins deux pour faire cela. Il faudrait bien que toutes les parties aient le même objectif en dialoguant. Sinon finalement on parlera d’un dialogue de sourd», a-t-il fait remarquer. «Depuis 2006-2007, déplore-t-il, la Guinée est dans un cycle de troubles sociaux, parfois de grèves, parfois de marches. Cela fait 10 ans qu’on est dans ce cycle-là».

Pour raffiner son explication, il a pris l’exemple sur un chantier de construction dans lequel l’équipe de travailleurs n’arrive pas à s’entendre. Les ouvriers passent tous leurs temps à se disputer. Ce chantier ne va pas avancer. «A un moment donné dans ce pays, il faut qu’on s’entende pour trouver un consensus», plaide-t-il. M. Youla indique que le dialogue n’était pas interrompu entre pouvoir et opposition. «Nous avons relancé le dialogue malgré le fait qu’une partie de l’opposition s’est abstenue de participer. Mais c’était en fait la session officielle de lancement, mais depuis, j’ai demandé au ministre de l’Administration du territoire qui reçoit tous les partis, les principaux partis de l’opposition. Il y a eu plusieurs séances de travail qui ont été organisées. Actuellement, ce travail est en train de se faire sans trop de tapage, mais ces rencontres se font [quand même]».

En parallèle, le locataire du Palais de la Colombe reconnaît que la manifestation est un droit, donc l’opposition est tout à fait libre de manifester. D’après lui, le gouvernement ne peut pas s’opposer à cela. Chacun joue son rôle. L’opposition est dans son rôle de s’opposer. «L’opposition a décidé de marcher. Ça c’est une décision de l’opposition. La loi le lui reconnait ; donc elle veut exercer ce droit. Le gouvernement ne peut pas s’opposer à cela ou alors même donner un avis là-dessus. Mais nous, nous sommes dans notre rôle, le gouvernement fait son travail, le gouvernement tend la main à ceux qui veulent dialoguer parce que quoiqu’on fasse, quelle que soit la situation difficile à laquelle nous sommes confrontés ; à un moment donné, il faut qu’on s’asseye pour en discuter quand il s’agit des questions d’intérêt national», conclut le Premier ministre.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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