Mamady Youla : l’homme qui relevait les défis !

Le Premier ministre guinéen patine et peine à trouver ses marques. Il devient de plus en plus allergique aux critiques. Pourtant, il se disait l’homme des défis : « Certains sont dans leur rôle de faire des critiques qu’ils veulent. Je puis vous rassurer que si on devait faire objectivement le parcours de chacun, je vous dis que moi, j’ai l’habitude de relever des défis.Il y a beaucoup de choses que j’ai eu à faire dans l’ombre, sans que cela ne soit au grand jour. Ce sont des défis très importants que j’ai souvent relevés. »

 Cet homme qui relevait les défis a manifestement enfourché le mauvais cheval. Il n’empêche, Youla rêve des perspectives à moyen terme qu’il estime être bonnes «  avec une croissance qui devrait être soutenue sur le moyen terme (2017-21) grâce au retour attendu des investisseurs, y compris dans le secteur minier, et la mise en œuvre d’une Politique de Gouvernement à la hauteur des défis qui se présentent à nous. »

Et d’ajouter : « Notre ambition est de faire culminer cette croissance à deux chiffres à l’horizon 2020 avec la nouvelle impulsion gouvernementale amorcée et les politiques économiques qui seront mises en œuvre. » En attendant, tous les indicateurs sont au rouge. Dalein en évoque quelques-uns : «L’endettement de l’Etat au niveau de la Banque centrale c’était 1860 milliards GNF. C’est-à-dire qu’en 2015, l’Etat a fait usage de la planche à billet à hauteur de 1860 milliards GNF. La dette extérieure actuelle de la Guinée c’est 1 milliard 800 millions de dollars. Depuis le point d’achèvement de l’initiative PPTE, près de 800 millions de dollars de nouvelles dettes. Maintenant comment s’en sortir ? Aujourd’hui (14 mars 2016, ndlr), le Fonds monétaire se retrouve pour examiner le programme avec le gouvernement qui a plaidé coupable pour le mensonge, pour avoir dissimilé une information capitale. »

Pour couper court, MamadyYoula s’en défend et se camoufle derrière une pirouette. « Rien n’est jamais parfait. Si le président avait reconduit la même équipe, on l’aurait sûrement accusé d’immobilisme. Il a fait le choix d’amener du sang neuf avec des gens qui ont fait leurs preuves dans leurs parcours respectifs. Ce gouvernement est un « mix » entre de jeunes ministres et d’autres, plus expérimentés, qui sont là depuis le premier quinquennat », déclare-t-il à JA. Avant de parler de lui : « Je ne suis pas si jeune. J’ai près de vingt ans d’expérience et j’ai travaillé plus d’une dizaine d’années dans l’Administration guinéenne avant d’aller dans le secteur privé. Je ne pense pas que ce soit le profil de quelqu’un d’inexpérimenté. Une administration, un ministère ou un État, cela se gère. Pour avoir des réussites économiques, il faut avoir des capacités de gestion. » Il se décrit « comme un homme de consensus. Je ne suis pas forcément un adepte de la confrontation. »

Pour l’heure, l’homme qui relevait les défis ne sait plus ce qu’il faut faire. Certains le voient comme le PM le plus conventionnel, d’autres estiment que Youla est typiquement à l’image de ce qu’il a trouvé : une gouvernance moribonde, à vau-l’eau. Comme quoi, c’est mal connaitre ceci que pour dire qu’il peut relever des défis. Mais, bon, rêvons…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

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