MAMADY YOULA : sur les traces de Saïd Fofana

A sa nomination, en décembre 2015, l’actuel premier ministre guinéen avait été présenté comme l’anti-Mohamed Saïd Fofana. Par rapport à son prédécesseur, il avait surtout l’atout d’avoir essentiellement servi dans le secteur privé. Mais à bientôt un an depuis qu’il occupe la primature, Mamady Youla démontre qu’il a bien plus de points communs avec Mohamed Saïd Fofana qu’on ne l’avait soupçonné.

La mission qu’il a dernièrement conduite à Tanènè pour solliciter d’El hadj Sekhouna Soumah dans le différend entre Alpha Condé et Fodé Bangoura, est la plus manifeste des caractéristiques que Mamady Youla et Mohamed Saïd Fofana ont en partage. En effet, durant les cinq années qu’il a servi comme premier ministre auprès d’Alpha Condé, Saïd Fofana s’était surtout illustré dans son rôle de sapeur-pompier de circonstance.

Très porté sur la religion et prompte à prêcher la paix, le pardon et l’unité. Mais bien sûr n’étaient invoquées par lui que quand elles doivent servir à réconcilier Alpha Condé et une entité sociale ou politique qui lui en veut pour une raison ou une autre. De passage, on peut rappeler que le président de la République a fait appel à ces talents particuliers de Mohamed Saïd Fofana après qu’il soit parti de la primature. C’était le cas lors de la période trouble de la fronde au sein du RPG-arc-en-ciel en juin dernier.

Et Mamady Youla qui, comme son prédécesseur, doux comme agneau ne voyage pas non plus, reprend progressivement le flambeau. Comme l’atteste du reste la dernière mission à Tanènè. Mais on peut signaler que bien avant, on l’avait remarqué deux ou trois fois à Kaloum essayant de haranguer des jeunes pour les exhorter à la patience ou continuer à croire à l’idéal de changement du président de la République. Il est vrai qu’il n’est pas aussi visible dans les meetings politiques comme Mohamed Saïd Fofana. Mais on a l’impression que c’est parce qu’il n’a pas encore eu à gérer des enjeux politiques comme les élections de 2013. Et qu’il est susceptible à corps perdu dans la bataille avec les communales qui se profilent et surtout les élections de 2018. Si, bien entendu, il n’est pas démis d’ici-là.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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