Manifestation contre le 3ème mandat : Une famille attaquée à Cosa par des hommes armés, une ville femme violentée

 La manifestation du FNDC contre un 3ème mandat pour Alpha Condé tourne a tourné au vinaigre ce mercredi. Alors que les deux premières journées ont été émaillées des violences dans divers endroits de la capitale Conakry, entrainant des cas de morts et des blessés, ce 16 octobre 2019, les violences se sont transportées à Cosa dans la haute banlieue de Conakry.

Mais contrairement aux deux premières journées de manifestation contre un tripatouillage de la Constitution, celle d’aujourd’hui a pris une tournure ethnique.

Un reporter de Kababachir.com a constaté un affrontement ethnique, opposants des peuls et des jeunes malinkés (issus de l’ethnie du Président Alpha Condé), appuyés par des agents de sécurité, qui ont attaqué une famille peule à Cosa.

Une situation inquiétante quand on sait la fragilité du tissu social en Guinée.

Après notre insistance, Alpha Ibrahima Barry, étudiant de son état a accepté de témoigner :

«Notre famille fait l’objet des menaces et d’intimidation depuis que ma sœur Aminata Barry est sortie de prison. Avant d’hier, ce sont 6 agents de sécurité armés qui sont venus nuitamment à notre domicile pour nous demander où est notre sœur. Au début, je n’avais pas voulu m’exprimer sur le sujet, mais deux d’entre eux  m’ont attrapé pour tenter de m’embarquer. Je dis non, je n’ai rien fait qu’on me laisse. Ils sont dit qu’ils ont été informés que je la garde ici, et de dire où elle est sinon, on m’envoie à sa place. Quand un d’entre eux m’a giflé j’étais troublée. Cela a failli créer un affrontement ethnique, parce que des jeunes malinkés militants du RPG, se sont mis dans la danse. Ils ont jeté des cailloux dans notre concession. », regrette ce jeune étudiant qui interpelle l’Etat sur le danger qui guette sa famille en cette période cruciale de l’histoire de la Guinée.

Après avoir longtemps  hésité de s’exprimer à la presse au risque d’être victime des représailles, Souleymane Barry, chauffeur de son état, apporte des précisions « Cette attaque dont notre concession a fait l’objet n’est pas une première. En fait, depuis 2017, date à laquelle, ma nièce Aminata Barry a été arrêtée pour son engagement en politique, notre famille est exposée. Des militants du RPG, appuyés par les gendarmes viennent chaque fois nous attaqué ici parfois nuitamment. Nous avons interpellé le Chef du quartier, mais on a compris finalement qu’il est avec eux. Hier, quand ils sont venus pérquisionner le domicile familiale, une vielle femme malade a été violenté. Au moment où je vous parle, elle est sous soins intensifs».  

Cette attaque suscite la colère des défenseurs des droits de l’homme :

Mamadou Kaly Diallo de l’ONG « Bayonnette Intelligente », dénonce des graves violations des droits de l’homme.

« Lorsqu’on attaque une famille nuitamment, sous prétexte qu’on recherche des individus, sans une aucune convocation, c’est une grave violation des droits humains. La situation de notre pays m’inquiète à plus d’un titre. C’est un recule démocratique. Mais nous ne baisserons pas les bras devant cette situation. Notre combat pour l’instauration d’un Etat de droit ne s’arrêtera pas »,    a promis le Coordinateur de cette ONG.

Contacté au téléphone par notre rédaction, Me Salifou Béavogui, avocat, dénonce une justice deux poids deux mesures :

« Nous avons été une nouvelle fois surpris de cette attaque barbare des agents des forces de l’ordre, qui sont pourtant sensé protéger tous les citoyens quelque soit leur bord politique. Ces actes de représailles dont est victime la famille de notre cliente ne resteront pas impunis. Nous allons poursuivre le dossier même si nous avons à faire à une justice sous ordre, tôt au tard, la vérité jaillira et les coupables seront punis. », a promis de son côté cet avocat du barreau guinéen.     

En attendant la suite des événements, le FNDC accentue la pression sur le pouvoir de Conakry afin du président Alpha Condé un renoncement à son projet de reforme constitutionnelle qui lui ouvrirait la voie à une présidence à vie.

Mais pour l’instant, le locataire du palais Sékhoutouréya reste droit dans ses bottes et ne compte pas reculer, malgré les violences meurtrières enregistrés les 14, 15 et ce 16 octobre.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com      

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