MANIFESTATIONS PUBLIQUES : Cellou Dalein réchauffe la troupe

L’opposition avait annoncé la reprise des manifestations publiques à la fin du mois de Ramadan. Mais vu qu’à l’époque on était avant le mois de jeûne musulman, très peu de personnes y avaient accordé de l’intérêt. Mais les choses sont différentes désormais. D’une part, nous sommes à seulement deux semaines de la fin du mois de Ramadan et de l’autre, le chef de l’Etat focalise la colère et fait l’objet d’une contestation qui ne vient pas que de son opposition classique. Une occasion que Cellou Dalein Diallo a mise à profit pour monter la tension en invitant les siens à se mobiliser et à se préparer à relancer les hostilités. C’était en marge de l’Assemblée générale ordinaire de ce samedi 18 juin 2016.

Le conclave hebdomadaire de son parti coïncidant avec les événements de Mali, Cellou Dalein Diallo a bien entend surfé dessus. Faisant le parallèle avec des violences passées qui auraient de la même façon ciblé ses militants, il a ainsi ironisé :

« Ceux qui sont à l’origine de ces violations contre des citoyens guinéens vont bénéficier de promotion. Où sont ceux qui ont tiré à bout portant sur des jeunes manifestants ? Ils ont bénéficié de promotion. Demain, Issa Camara va bénéficier de promotion et des citoyens vont être jugés et condamnés. C’est ça le régime d’Alpha Condé ».

Dans la même veine, le leader de l’UFDG définit le locataire de Sekoutouréyah comme « l’incarnation de l’injustice et de la violence contre l’UFDG ». Conséquence, faisant face à ses militants et se voulant à la fois direct et précis, il a exhorté :

« Je demande à tous les comités d’organisation des manifestations de se mobiliser pour qu’après le carême, on continue la lutte. Parce que la constitution de la République nous autorise à le faire. Trop c’est trop ! ».

Enfin, gagné par l’exaspération, le ras-le-bol, l’incapacité et l’impuissance des institutions formelles à faire entendre raison au régime et à dire le droit, le chef de file de l’opposition a laissé libre cours à sa révolte :

« S’ils veulent, ils n’ont qu’à nous tuer tous. On en a marre de l’injustice. J’invite toutes les sections, les comités de base à organiser des manifestations dès après la fête du Ramadan. L’opposition avait déjà annoncé qu’on va le faire et on va le faire.  Il faut qu’on reprenne le chemin de la rue, parce qu’il n’y a pas d’autres recours »

Habituellement calme et pondéré, le président de l’UFDG semble ne plus pouvoir se canaliser. Au rythme où vont les choses, c’est la paix sociale, du reste très précaire, qui est menacée.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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