MANŒUVRES D’INTIMIDATION : Gaoual sonne le tocsin

Si le pouvoir et ses alliés pensaient avoir le monopole des discours belliqueux, il s’est depuis hier chargé de leur dire qu’ils se trompent. Il, c’est Ousmane Gaoual Diallo, le député UFDG de Gaoual. Il a visiblement fini par en avoir marre de toutes les accusations et autres insinuations que les soutiens d’Alpha Condé n’ont cessé de propager ces derniers temps via les médias de la place. Et il a décidé d’y répondre avec précision et responsabilité.
Des jours durant qu’il n’est plus que de ça. Pour une simple manifestation garantie par la constitution, le pouvoir parle de manœuvres de déstabilisation du régime et ne se gêne même de faire allusion à un coup d’Etat en planification. Dans la foulée et via des meetings opportunément planifiés çà et là, on menace, met en garde, insulte et accuse l’opposition en général et son chef en particulier. On est allé jusqu’à prendre en otage des médias entiers pour servir cette cause obscure.
En fait, au sein de la mouvance présidentielle, il y en a qui ont estimé que l’intimidation est une stratégie payante. Se rappelant ce qui s’était passé avec la fameuse vidéo de Cellou Dalein Diallo au lendemain des élections de 2015, ils ont pensé que la recette remarcherait. D’où l’idée de se servir d’un discours de Cellou Dalein Diallo sorti de son contexte pour inventer un coup d’Etat que celui-ci préparait.
Sentant que les moments sont incertains et que le pouvoir n’est pas au meilleur de sa popularité, les responsables du RPG-arc-en-ciel et des mouvements qui le soutiennent, usent donc de ce gros mensonge, dans l’espoir qu’il dresserait une partie des populations contre l’opposition. Parallèlement, le cynisme politique en bandoulière, les mêmes responsables de la mouvance présidentielle entretiennent volontiers la psychose, avec une contre-manifestation qu’ils voudraient orchestrer. L’idée étant surtout d’apeurer les manifestants potentiels, pour les dissuader de sortir.
Les autorités à tous les niveaux et la communauté internationale ayant laissé faire ce gros mensonge et cette campagne belliciste, Ousmane Gaoual s’est donc chargé de répondre comme il le fallait. Ciblant donc ceux qui menacent, il a ainsi déclaré hier en direction des militants de son parti : «  Il faut qu’on localise, dès maintenant, les parents de Bantama Sow, de Malick Sankhon, de Hady Barry et tous ces pyromanes. Qu’on cherche leurs familles à Conakry, si un enfant est blessé, il faut qu’ils le paient dans leur propre chair ».
Pour le député de l’UFDG, dans le mesure où ces trois personnalités et d’autres qu’il n’a pas citées œuvreraient pour que les manifestations de l’opposition soient violentes, c’est la seule réponse qu’elles méritent.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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