MARCHE DE MADINA : Les victimes du Madoff guinéen…

Un peu plus de quatre milliards de francs guinéens, c’est la perte colossale que déplore un groupe d’une vingtaine de commerçants du marché de Madina. Perte subie de la part d’un arnaqueur qui semble avoir été inspiré par le fameux Bernard Madoff. Dans le cas guinéen, le truand se nomme Amadou Djouldé Diallo, 34 ans et marié. Depuis deux ans, il faisait les affaires comme tout le monde à Madina et surtout, il cultivait réputation et crédibilité auprès de gros commerçants qui lui fournissaient en marchandises.

Sa stratégie, plutôt séduisante, n’a laissé personne indifférent. Quand il prenait de l’argent ou de la marchandise chez un commerçant, il ne se contentait pas que rendre le prêt à la date prévue. Il innovait en partageant avec son créancier les prétendus bénéfices engrangés par le prêt. Portés sur les profits, les commerçants, à tour de rôle, se sont alors mis à donner tout ce qu’il demande. Ne se connaissant pas les uns les autres, ils ignoraient qu’en réalité, les bénéfices qu’ils tiraient des services qu’ils rendent au jeune commerçant, ne viennent pas en réalité des emprunts à eux accordés. Ce qui se passait c’est qu’il puisait dans le prêt contracté chez Paul pour donner l’impression à Pierre que son argent à générer des profits.

Mais la combine, personne ne pouvait, ne serait-ce que l’imaginer. Et les choses se sont passées ainsi durant au moins deux ans. Et il y a une semaine, le jeune stratège s’étant assuré d’avoir acquis la confiance de tout le monde, a contracté de nouveaux prêts chez tout le monde, en s’arrangeant à ce que ce soit de très gros montants. On parle ainsi de 600 millions de francs guinéens, de 10.000 dollars américains, 40.000 dollars, etc. le montant total des pertes subies par 17 commerçants, culmine à plus de 4 milliards de francs guinéens.

Parce qu’après avoir mobilisé le pactole, Amadou Djouldé, contrairement à ses habitudes, a disparu sans laisser le moindre signe. Son magasin vidé, son épouse dit ne pas savoir sa destination. Pour leur part, les victimes, en proie au désarroi, après avoir porté plainte çà et là, ont convié la presse pour confier leur mésaventure.

Fatim A. Sacko, www.kababachir.com

  

 

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