Marchés de gré à gré: Condé et fils, pilleurs des ressources publiques

Les chiffres donnent du tournis au Guinéen les moins porté sur les marchés publics. Ils sont avancés avec précision, puisque piochés dans l’administration guinéenne et confirmés par les entreprises. Les marchés de gré à gré sont aujourd’hui un terreau qui fertilise Alpha Condé et son clan. Ceux-ci se révèlent être des pilleurs des ressources publiques. Nos confrères d’africa Guinée ont décrypté une intervention de Dalein Diallo sur une radio privée de la place. Dégustez…

« Entre 2014 et 2015, il y a eu un milliards de dollars de marchés de gré-à-gré. Lorsque vous comparez les prix appliqués dans ces contrats aux prix du marché, vous vous rendez compte que c’est trois ou quatre fois le prix normal. Il y a deux contrats dont nous sommes en train de payer la facture jusque maintenant. 871 millions de dollars ont été décaissés à travers les garanties bancaires : l’exemple de la route Kissidougou-Kankan avec EBOMAF où on nous dit que le kilomètre est facturé à un million cinq cent mille euros (1.500.000 euros). Dans l’histoire des marchés publics, on n’a jamais enregistré un prix comme ça. Même Kaba Guiter qui est guinéen, qui a un autre marché de gré à gré, que j’ai dénoncé, le prix qu’il lui a été appliqué, est à peu près normal, (350.000 euros le Km) sur la route Kankan-Mandiana-Sankarani.

Tous les montants sont virés au Burkina Faso. On peut donner les références. C’est du recèle. C’est une façon de sortir de l’argent et il y a quelqu’un au bout qui profite. C’est qui ? Pourquoi on a fait venir cette entreprise du Burkina sans appel d’offre. Ils ont obligés la Banque centrale à émettre des garanties et de payer plutôt que prévu par le contrat. Nous payons le prix.

ASPERBRAS, c’est la catastrophe ! Lorsqu’Alpha est arrivé au Pouvoir, cette petite entreprise brésilienne qu’on dit avoir été introduite par le fils (allusion à Mohamed Alpha Condé, ndlr), on lui a donné un marché de 144 millions de dollars. Elle s’engage à installer 100 mégawatts en 180 jours. Le contrat a été signé le 5 octobre 2011. Donc, le 30 avril 2012, le déficit énergétique à Conakry devrait être comblé. Alpha l’avait d’ailleurs annoncé avec beaucoup de fierté en disant qu’en six mois, il allait régler le problème d’électricité à Conakry.

Il n’avait pris soin de s’assurer la capacité technique et de la surface financière de la petite entreprise qui est enregistrée aux îles Vierges Britanniques. Le souci était plus de servir les commissions aux différents acteurs du marché… Les conséquences ont été très coûteuses. Le 31 mars, les 100 mégawatts n’étaient pas là. On a fait un avenant pour payer plus que ce qui était prévu. On a reporté l’échéance en septembre. Les 100 mégawatts n’étaient pas là. On refait encore un avenant, on paie. On reporte en mars 2013. Toujours rien. Ça traine. Il a fallu 2014 pour que le contrat soit résilié. Au cours de la résiliation, on a demandé à ASPERBRAS de ne payer aucune pénalité. Parce que n’ose pas. Les gens savent où l’argent est parti.

Alpha Condé a fait venir Agrekko, là aussi un marché de gré à gré. On a perdu 76 millions de litres de carburants à Agrekko. On a acheté le carburant produit à Agrekko. Aujourd’hui la situation du secteur est catastrophique parce qu’EDG vit de la subvention. Le courant qu’on a nous coûte deux fois ce qu’il nous aurait coûté dans les conditions normal ».

Jugez-en. Selon des sources bien informées, entre 2013 et 2016, Alpha Condé a donné plus de 140 marchés publics à des amis, copains et autres proches. Ces marchés sont liés aux infrastructures routières, à l’énergie, etc. Des fonds surfacturés tombent dans des poches occultes. Vous avez dit changement, non ? Allons donc.

Jeanne Fofana

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