Marchés Publics : vers un audit approfondi !

S’il y a un secteur en Guinée qui engendre une corruption rampante et une impunité sans égal, c’est bien les marchés publics. Des milliards sont brassés soit pour des travaux, soit pour des fournitures, soit pour des prestations diverses. Pour l’essentiel, c’est une nébuleuse qui profite à une petite poignée de personnes et autres. Le banditisme nait de l’appel d’offre, se poursuit dans l’évaluation, puis dans l’attribution des marchés et se termine au contrôle où à la constations du service fait.

D’étage en étage, on procède à de l’arnaque déguisé, on accepte d’être corrompu. Directement ou par le biais d’un paravent conclu entre corrupteur et corrompu. Conséquence : les marchés publics sont mal exécutés ou sont restés sans  être exécutés. Même si, une partie de l’argent a été décaissée. N’importe qui au niveau de l’administration centrale octroie des marchés, à un ami, un proche, une maitresse, une épouse. Sans aucune règlementation. Tout se passe entre famille, entre copains, entre très proches collaborateurs.

Le ministre, ordonnateur du budget instruit, le Chef de cabinet, très souvent plus subtile que certains ministres, se camouflent mais tirent leurs marrons du feu. Les professionnels des marchés publics commis aux tâches acceptent de guerre lasse, s’ils ne prennent pas leur part. Le reste, la conclusion est toute simple : qui est maudit pour ne pas prendre l’argent ? Et donc, bonjour les dégâts. Aujourd’hui, avec l’arrivée de Myriam Conté en qualité de ministre en charge du suivi des marchés auprès de la Présidence de la République, Alpha Condé mange marchés publics, respire achats publics. La dame reste son seul interlocuteur dans un secteur pourri, en désordre, malgré la validation du nouveau Code des marchés publics.

Myriam évolue, oriente, casse les lignes, mais, les défis sont énormes. Au cours d’une récente rencontre avec ses ministres, Alpha Condé « a réitéré avec autorité, l’impérieuse nécessité pour l’ensemble du Gouvernement de se conformer aux règles prescrites par le Code des Marchés Publics en insistant tout particulièrement sur le fait que l’Appel d’Offre ouvert doit demeurer le principe de base de la commande publique. A ce titre, il a exigé de tous les Ministres de faire preuve de proactivité et de célérité dans la planification des achats publics sectoriels afin que les procédures dérogatoires à l’appel d’offre ouvert soient désormais marginales. »

Ce n’est pas tout. Selon le porte-parole du gouvernement, « le Président de la République a instruit le Premier Ministre, de veiller à ce qu’un audit approfondi soit effectué sur les contrats publics dans le cadre de l’évaluation de la dette intérieure. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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