MAROC : Des enseignant-formateurs dénoncent la trahison de l’Etat guinéen

Très récemment, le ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, évoquant les initiatives envisagées par son département pour pallier au déficit de formateurs de qualité dans les instituts guinéens, évoquaient le retour en perspective d’enseignants-formateurs en situation de formation au Maroc. Mais ce qu’Albert Damantang Camara avait refusé de dire par contre, c’est le fait que ces enseignants sont en situation d’abandon par l’Etat guinéen. C’est finalement les intéressés eux-mêmes, lasses d’être des promesses qui ne viennent, s’en ouvrent aux médias.
Au total, ils sont 70 enseignants dont la remise à niveau relève d’un programme de construction des Ecoles régionales des arts métiers (ERAM), financé par le Fonds saoudien. En fait, le projet prend en compte non seulement la construction physique des infrastructures, mais aussi la formation  d’enseignants devant à leur tour, s’atteler à former des milliers d’autres en Guinée. Dans cette optique, les 70 boursiers s’engageant, une fois de retour en Guinée, à servir exclusivement l’Etat pendant 10 ans, devaient bénéficier d’un certain nombre d’avantages de la part des autorités guinéennes.
Au nombre des engagements que l’Etat guinéen avait pris, on la prise en charge des frais de logement et de soins de santé, le versement mensuel d’une bourse de 2500 dirhams et la prise en charge du billet d’avion aller-retour (Conakry-Maroc-Conakry). Mais selon un responsable du collectif de ses enseignants-formateurs, la Guinée ne respecterait plus aucun de ces engagements. Conséquence ? Les étudiants se retrouvent à s’agglutiner à plusieurs dans des studios minuscules. Quant aux soins de santé pour ceux qui sont dans la nécessité, rien. Pire, depuis le mois de mars dernier, la bourse qu’ils percevaient n’arrive plus. Le ministre de tutelle interpellé, aurait invoqué le blocage du dossier par le ministère des finances.
En désespoir de cause et ne supportant plus le dénuement à eux imposé, les intéressés réclament le prix du billet retour pour rentrer en Guinée. Rien que ça.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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