Massacre de Womey : Le Chef coutumier Pokpa HOLOMO rend hommage au jeune Aloys HABA

Après le tragique événement qui est survenu dans la nuit du 3 au 4 août 2012 à Zoghota, situé à près de 70 kilomètres de N’zérékoré, entrainant le ‘’massacre crapuleux’’ de plusieurs personnes ainsi que la fuite de beaucoup de jeunes estimés être le cerveau des revendications des populations riveraines, ce fut le tour du village de Womey de payer les frais suite l’apparition du virus Ebola dans la région en 2014. Plusieurs personnes ont été battues et/ou contraint à l’exil du refus de croire en Ebola. Et aucune justice n’a été faite sur cette affaire. Aloys HABA désigné par le Patriarche du village Manimou HABA pour négocier le report de la date de la sensibilisation sur le virus Ebola qui devrait se faire le 16 septembre 2014, se voit accusé comme étant l’instigateur du soulèvement des populations de Womey contre les agents de sensibilisation provoquant des tueries et la fuite des populations dans la brousse. Accusé comme étant l’instigateur, Aloys HABA sera frappé, blessé et mis en prison par les forces de l’ordre.

 

Pour en savoir plus sur cet événement, notre reporter est allé à la rencontre des riverains de Womey. Dans sa quête de connaitre davantage la vérité sur les faits, il a fait la rencontre du Chef coutumier du village Womey, M. Pokpa HOLOMO.  Dans leur entretien, le Chef coutumier lui fait l’état de la situation de l’événement qu’il qualifie de tragique et de malheureux. Son témoignage est d’autant plus éloquent qu’aucune radio ou journal n’en a exposé. Ainsi, après avoir peint le tragique événement, le Chef coutumier M. Pokpa HOLOMO a rendu un témoignage élogieux au jeune Aloys HABA qui est l’espoir de tout un village. Son dévouement et son amour pour son village le poussait à œuvrer toujours pour le bien être de son village et de ses habitants.

Voici ce que nous avons recueilli du témoignage du Chef coutumier qui déclare en ces termes :

 

« Je soussigné Pokpa Holomo, Chef coutumier à Womey. Ne sachant pas lire et écrire, j’ai fait recours à Monsieur Antoine Loua enseignant de profession afin de réitérer mes angoisses et craintes vis à vis des attaques clandestines à l’égard des proches de notre cher Aloys Haba depuis ces événements malheureux du 16 septembre 2014. C’est en même temps l’opportunité pour moi de dire haut ce que les radios et autres moyens d’information ne peuvent pas donner.

En effet il s’agit d’Aloys Haba, qui depuis sa tendre enfance à nos jours a toujours aimé et œuvré pour  son village. C’est ce même dévouement qu’il a eu le 13 septembre 2014 lorsque le Patriarche du Village en l’occurrence Manimou Haba lui demandait de négocier humblement le report de la date de sensibilisation sur le virus Ebola qui s’effectuait le 16 septembre 2014. Et aussitôt Aloys s’est engagé. Voila pourquoi après cette journée macabre, il sera indiqué et accusé comme l’instigateur puis frappé, blessé et mis en prison par les forces de l’ordre. Alors qu’il était innocent.

Le 13 Mars 2017, son cousin Jean Lamah cultivateur vivant à Womey, alors qu’il revenait du champ vers 18h a croisé quatre (4) jeunes qui ne parlaient pas bien le Kpèlè (langue du milieu). L’un des quatre a demandé à Jean de leur prêter une boite d’allumettes afin d’allumer leur cigarette. Pendant que Jean donnait la boite d’allumette, un autre lui dit  » j’ai étudié avec un jeune de ce village du nom d’Aloys, il nous parlait toujours de son village et j’ai la chance d’y arriver aujourd’hui et je voulais savoir s’il est là et si tu le connaissais »? Jean dans sa naïveté va répondre :  » oui je le connais et c’est d’ailleurs mon cousin, mais depuis un bon temps, il n’est plus là. Ne le laissant pas Jean terminer sa phrase, les quatre jeunes se jetèrent sur lui pour se venger.  »C’est faux criaient ils. Je n’arrive pas à supporter la mort de la personne clé de ma famille décédé à Womey. Jean malheureusement a été battu, blessé par ses agresseurs et a été de justesse sauvé par le passage d’un motard qui voyageait. Ce monsieur du nom d’Henri, le transporta au village dans la famille de la victime. Ces personnes n’ont été identifiées parce que l’évènement se passait loin du village.

C’est pour dire que même après qu’on ait passé au jugement et à la condamnation des personnes arrêtées pendant ces événements, la situation du jeune Aloys Haba m’inquiète fortement, il porte une tenue amusante et difficile dont il n’est pas l’auteur (la preuve en est que ses proches subissent le même sort). Ce pays est devenu un territoire de l’imaginaire, le mensonge devient réalité. Certaines victimes de ces événements, vu ce qui vient d’être raconté, n’ont toujours pas pardonné et cherchent de toutes les manières Aloys pour se venger clandestinement. C’est d’ailleurs pourquoi dans nos cultes traditionnels je prie fortement pour lui et je lui confie à la protection de nos ancêtres. »

Jusqu’à nos jours, les proches de la famille d’Aloys HABA continuent de payer les frais. Ils sont souvent victimes de calomnies et de provocation, d’injures et de menaces de la part des forces de l’ordre toujours à la recherche du jeune Aloys HABA.

Niankoye Alexis Lamah, correspondant Kababachir.com à N’Zérékoré

 

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