Mathurin et Cie : Un procès mal engagé ?

Pour les femmes de l’opposition, l’ouverture, hier, du procès contre les forces de l’ordre qui s’étaient opposées à la marche qu’elles projetaient le 19 mars dernier, est un motif d’espoir. Indépendamment de l’issue du jugement, elles se félicitent déjà que leur plainte ait été reçue et que des officiers comme le commissaire Boubacar Kassé soit venu à la barre. Toutefois, il y a des raisons de penser que cet espoir pourrait être déçu. En effet, à l’ouverture du procès, le procureur a invoqué une exception qui risque de conduire à l’abandon du dossier par le TPI de Kaloum. Invoquant un certain nombre d’articles du code de procédure pénale, Algassimou Diallo dénie à sa juridiction la compétence de juger les Officiers de police judiciaire (OPJ) visés par la plainte des opposantes.

Pris au dépourvus, les avocats des parties civiles sollicitent un report d’une dizaine de jours pour leur permettre de mieux préparer la contre-attaque. Mais en fait, de contre-attaque, ils comptent rappeler que le capitaine Moussa Dadis Camara avait déjà supprimé l’exception soulevée par le procureur. Sauf qu’en tant que telle, cette contre-attaque n’est pas nécessairement solide. Car les juges pourraient invoquer le fait que les décisions prises par l’ancien président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) ne sont pas valables, dans la mesure où le pouvoir transitoire qu’il incarnait n’était ni légal, ni légitime.

Or, si l’argument de l’incompétence du tribunal est reçu, c’est tout le dossier qui tombe à l’eau. Avec lui, les espoirs des victimes.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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