Meurtres en série : Alpha Condé serait-il indifférent ?

Cimenterie, Maférinyah, Womey, Kankan, Kouroussa, Siguiri… et maintenant Sangardô. De fait, on ne compte plus les localités du pays où tout est prétexte au massacre, au lynchage et à la vindicte populaire. Partout, les populations se sont substituées à dame Justice et au Seigneur lui-même pour décider de la vie ou de la mort de leurs concitoyens. A cela s’ajoutent toutes les découvertes macabres que la presse relève tous les matins que Dieu fait. En face, que font les autorités ? Rien ou plutôt la résignation.

Aucun de ces drames que le pays ne cesse d’enregistrer n’a donné lieu à une sortie du président de la République. La seule fois où on avait senti un semblant de fermeté, c’est quand à Kouroussa, des citoyens s’étaient autorisés à aller sortir des détenus de leur prison pour les brûler vifs. Des responsables locaux avaient été suspendus, mais cela ne se justifiait que par le limogeage quelque temps plus tôt par le président de la République de deux ministres qui s’étaient mal illustrés dans la gestion du contentieux nés de la mosquée de Touba.

Et depuis, les tragédies à ciel ouvert se suivent et se ressemblent. Mais le pouvoir reste silencieux. A chaque fois, c’est à peine une sortie laconique du ministre de la justice, avec une promesse de justice à laquelle personne ne croit plus.

Et cette violence qui s’incruste dans les mœurs des Guinéens, c’est un autre héritage qu’Alpha Condé est appelé à laisser à son successeur. Parce que lui-même n’est pas outre mesure préoccupé par le phénomène. Au moment où tous les Guinéens font part de leur inquiétude, lui demeure tranquille et occupé par autre chose.

Très prompt à invoquer l’autorité de l’Etat quand ses adversaires menacent de prendre d’assaut les rues de Conakry, il ne se soucie même pas de restaurer celle-ci, pour faire valoir l’ordre et la discipline dans l’arrière-pays.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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