Ministres dégommés : quelle chute pour les frères Kourouma ?

Ils étaient sans cesse pris pour partants, mais ils ont toujours fait fausser les pronostiqueurs. Les deux ministres Kourouma sont aujourd’hui limogés. Tous les deux sont des militants convaincus du RPG, au-delà des rapports particuliers qui lie chacun à Alpha Condé.

Dégommés, ces deux ministres regrettent certainement leur amateurisme. L’un dans la gestion des concours des contractuels enseignants, l’autre dans la gestion de la grève des enseignants et des contractuels. Ce qui devrait être fait en pleines vacances – concours de recrutement et mutation des admis – est effectué en pleine année scolaire. D’où la rudesse du mouvement et les casses et morts d’hommes qui s’en sont suivis. Les deux ministres avaient un dénominateur commun : le mépris.

Partis du gouvernement, ils pourraient certainement être repêchés pour le garage, en qualité de ministres conseillers à la Présidence de la République ou tout simplement promus à des postes plus honorifiques. Avec Alpha rien n’est jamais perdu. Autre point commun, la gestion des fonds publics.

Au Pré Universitaire, des gros milliards GNF ont été avancés pour l’organisation des examens nationaux, notamment le Bac, le BEPC et l’entrée en 7è année :   de 20 milliards GNF en 2011 on est passé à 40 milliards GNF en 2012. Avant de boucler, l’année suivante avec 100 milliards GNF. Ibrahima Kourouma est un gamin du président. Il occupait, à un moment donné, les locaux du locataire de Sékhoutouréya, du côté de la Côte-d’Ivoire, il fut aussi l’un des financiers occultes du parti au pouvoir. Imbu de ce statut et jouissant des largesses du pouvoir, ce ministre aura fait ce qu’il a voulu. Il a des actions dans bien des écoles et instituts professionnels. De Conakry, jusqu’à Abidjan.  Il a des deals avec un conglomérat d’opérateurs économiques échappant à tous contrôles de la réglementation des marchés publics. La Soneci l’unique pourvoyeuse en craie à l’Etat en est une parfaite illustration.

Du côté de la Fonction publique, le marché de la biométrie des fonctionnaires devrait être revu pour déchiffrer les grosses magouilles enregistrées au-delà de l’enrôlement des parents et autres proches de Sékou Kourouma dans l’administration publique, alors que les plus méritants sont laissés en rade. Eloigner ces loups de la bergerie serait donc une salubrité publique. Même si, le décret est jugé plutôt tardif.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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