Mise en accusation du chef de l’Etat : déjà un plan B pour destituer Alpha Condé

« Alpha Condé n’arrive toujours pas à incarner le statut qui est le sien, c’est-à-dire le statut de Président de la République, Chef de l’Etat. Il y a tellement de violation de la Constitution à son actif aujourd’hui qu’il n’y a pas d’autres moyens sinon qu’il soit traduit pour haute trahison parce qu’il trahi son serment et ses engagements qu’il a pris devant le peuple de Guinée. A savoir respecter et de faire respecter la Constitution. »

Ce long extrait d’Ousmane Gaoual Diallo traduit à lui seul, la lassitude de toute une nation éprise de paix, de démocratie. La mise en accusation du Chef de l’Etat devant aboutir à sa destitution « doit faire l’objet d’un débat puis d’un vote. Si le vote requiert les 2/3 des parlementaires, alors le Chef est convoqué et trainé devant la haute Cour de Justice. En ce moment-là, son mandat est suspendu jusqu’à la fin de son procès. L’intérim est assuré par un tiers. Nous estimons que l’Assemblée nationale n’a pas voulu jusqu’à présent convoquer ce texte, mais n’est pas rejeté. » Le plan B est identifié. Il s’agit de la rue. Pour le député de Gaoual, celle-ci, on ne peut malheureusement pas la censurer parce que la défiance qu’il y a en ce moment dans les rues de la Guinée ne le permettra pas.

Plus clairement, « Je pense qu’il n’y a pas une autre manière, c’est celle de l’insurrection, de la mobilisation populaire qui va définir en ce moment l’ordre institutionnel. Ce n’est pas la meilleure façon pour valoir la démocratie (…) il faut que les gardiens des Lois fassent en sorte que chacun puisse être justiciable devant les institutions judiciaires. »

Ousmane Gaoual Diallo prend toute les précautions : « La première est que l’accusation soit débattue en suivant la procédure normale, et que soient les parlementaires qui rejettent cette mise en accusation. Ce serait dans les formes quelque chose d’acceptable. Maintenant il y a une autre manière qu’ils envisagent. C’est celles de traiter par un mépris cette demande de mise en accusation et de ne pas accepter que la procédure parlementaire soit respectée. Si c’était le cas, en ce moment-là, le mépris serait non pas contre l’opposition, mais ce serait en direction des institutions. A partir de là, c’est eux qui seront à l’origine du fait qu’on va court-circuiter le processus légal pour utiliser d’autres voies admises par la Constitution que sont les manifestations pour faire aboutir à la destitution du Chef de l’Etat», lâche-t-il dans la presse locale.

Il y a de quoi s’en inquiéter, surtout au moment même où on lorgne un 3è mandat.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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