Mise en place de la Justice militaire : des avancées signalées ?

Le Général Ibrahima Baldé, haut commandant de la gendarmerie nationale a annoncé au cours d’une émission télévisée, dédiée au soldat la mise en place très prochaine de la justice militaire. Selon lui, la formation des magistrats militaires est complètement close au niveau des juridictions civiles du pays. Il ne reste plus que le décret. C’est dire que des avancées sont notées.

Cette annonce intervient au moment même où le général Nouhou Thiam croupit toujours en prison. Sans jugement. Pour sa part, l’honorable Ousmane Gaoual Diallo a exprimé ses regrets de voir tous ces disfonctionnements de l’Etat. « On se rend bien compte que la justice ne fonctionne pas. Aujourd’hui, quand on regarde les gens comme général Nouhou Thiam et d’autres, s’ils étaient jugés et condamnés, leurs peines maximales ne dépasseraient pas trois mois. Cela fait plus de trois ans qu’ils sont en prison. Ça veut dire qu’ils sont en train de subir plus de dix fois la peine à laquelle ils auraient été condamnés s’ils étaient jugés. Donc, c’est une anomalie judiciaire. On le sait pertinemment que ce sont des prisonniers personnels d’Alpha Condé qui a décidé d’arrêter des gens appartenant à une communauté, et les mettre en prison. »

Si les autres officiers ont été tués, jugés, condamnés ou relaxés, Nouhou Thiam, lui, est toujours confiné dans les pestilentielles geôles de Conakry, cela après environ trois ans. Certains de ses compagnons d’infortune sont malades et leur vie est manifestement en danger. Ils sont promenés entre structures sanitaires. Le temps de les abîmer et les faire taire à jamais. Qu’est-ce qui retarde alors la mise en place de cette justice militaire ? Seule Alpha Condé pourra répondre à cette question, car c’est lui qui joue à l’usure. Il revient donc aujourd’hui à la Commission chargée de la défense et de sécurité au sein du nouveau parlement de se lever et taper du poing sur la table.

Déjà, le député Ousmane Gaoual Diallo appartenant à cette commission parlementaire est allé rencontrer Fatou Badiar, Nouhou Thiam et les autres dans une salle aménagée à cet effet. Selon l’honorable Gaoual qui qualifie ce beau monde de « prisonniers politiques », la remarque générale qui s’est dégagée de cette visite – les cellules n’ont pas été visitées – est qu’ « ils avaient le moral, mais ont perdu du poids. Certains étaient absents à cause d’une santé fragile. »

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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