Mise en valeur de Kaporo rails : Condé donne raison à Dalein


Ce fut vraiment le médecin après la mort : on casse les maisons des citoyens avant de réfléchir ce qu’il faut faire des domaines récupérés. C’est l’inverse qui devrait se produire.

Or, c’est maintenant, après le champ de ruines et des marigots de pleurs des victimes qu’Alpha Condé a instruit le ministre en charge de la Ville et de l’Aménagement du territoire « d’initier dans de brefs délais la mise en valeur progressive des domaines récupérés par l’Etat dans le cadre des opérations de déguerpissement en cours. Il a insisté sur l’urgence d’entreprendre la construction des premiers immeubles devant abriter les Ministères dans le centre directionnel de Koloma. » Alpha Condé a fait cette sortie le jeudi dernier à Conakry au cours d’un conseil des ministres. Pour ce cas précis le président donne raison à son opposant, en prouvant qu’il n’y avait rien d’urgent pour s’acharner autant aux propriétés des Guinéens. Combien de temps faudrait-il pour réfléchir sur une nouvelle utilisation des domaines déguerpis ? Nul ne le sait.

Dalein Diallo quant à lui avait en effet déclaré : « Ce n’est pas pour la récupération des terres, c’est le combat contre l’UFDG. On aurait dû obtenir le résultat si c’est le déguerpissement pour cause d’utilité publique. On aurait pu prendre des dispositions parce que c’est des fils du pays. On aurait dû négocier, trouver quelque chose, les recaser (les occupants, ndlr) dans les domaines même éloignés de Conakry. Trouver un montant symbolique ou forfaitaire pour dire écoutez pour cause d’utilité publique vous devez déguerpir de là. Passer par le dialogue et la concertation mais même avec une année d’occupation, on ne peut pas se comporter comme ça avec des êtres humains. C’est Alpha Condé qui peut faire ça. Mettre les enfants dehors sans abris, sans nourriture, sans école, alors que le premier recours du citoyen en cas de difficultés c’est l’Etat. Mais c’est l’Etat qui est à  l’origine de l’insécurité, de la destruction des maisons. (…), ici c’est l’Etat qui crée cette situation.

Aucune urgence ne prévalait sur le déguerpissement sauvage et sans discernement.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.