Mobile money : Un moyen d’inclusion financière pour les populations non bancarisées

Par Mounir Swissi

Pour les populations africaines subsahariennes, qui disposent plus souvent d’un téléphone portable que d’un compte bancaire, les transactions mobiles deviennent la principale voie d’accès à l’inclusion financière.

Tunis (dpa) – L’Afrique subsaharienne est la championne du monde en matière de transactions financières effectuées depuis un téléphone portable, connues sous le nom de « mobile money » (argent mobile). Dans cette région, un cinquième de la population adulte dispose d’un compte d’argent mobile, selon la Banque mondiale (BM). Le recours aux services financiers dématérialisés a été renforcé en cette période de distanciation sociale, imposée par la pandémie de Covid-19.

En 2019, la valeur des transactions par mobile money en Afrique subsaharienne a augmenté de 27,5 pour cent pour atteindre 456,3 milliards USD, ce qui représente plus de 66 pour cent de la valeur totale des transactions mondiales en la matière, estimées à plus de 690 milliards USD. La même année, 50 millions d’Africains subsahariens ont créé un compte pour transférer de l’argent via leur téléphone mobile (+ 12 pour cent).

Cela a porté le nombre total d’utilisateurs de mobile money dans la région à 469 millions de personnes sur un total de plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde, selon la GSMA, une association représentant près de 800 opérateurs de téléphonie mobile à travers le monde.

Palier la faible bancarisation

Le mobile money a permis de rompre l’isolement des populations des zones rurales africaines subsahariennes, en facilitant l’accès de ces populations non bancarisées aux services financiers. En effet, deux tiers des populations de l’Afrique subsaharienne vivent dans des zones rurales où la présence des agences bancaires est faible, faute de rentabilité.

En 2018, et à titre d’exemple, le taux de bancarisation dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a atteint 19,3 pour cent, selon un rapport de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), institution financière de l’UEMOA.

Les populations africaines subsahariennes disposent plus souvent d’un téléphone mobile que d’un compte en banque. La technologie de mobile money peut être utilisée partout où il y a un signal de téléphone portable, permettant ainsi de palier la faible présence des agences bancaires.

Fin 2018, l’Afrique subsaharienne comptait 456 millions d’abonnés en téléphone mobile, soit une augmentation de 20 millions par rapport à l’année précédente. D’ici 2025, le nombre total d’abonnés dépassera 600 millions, selon un rapport de GSMA.

Accès principal à l’inclusion financière

Les Africains subsahariens disposant de comptes de mobile money utilisent cette technologie pour recevoir ou transférer de l’argent, et payer toute sorte de factures sans prendre la peine de se déplacer. Après chaque transaction, l’utilisateur reçoit une notification sur son téléphone portable.

Le service de l’argent mobile existe en Afrique subsaharienne depuis 13 ans. Il a été créé en 2007, lorsque l’opérateur britannique Vodafone a lancé au Kenya et en Tanzanie un système de paiement par téléphone, dénommé « M-Pesa ». Il est en train de se généraliser pour devenir la principale voie d’accès à l’inclusion financière dans la région.

Selon la Banque mondiale, l’inclusion financière définit la possibilité pour les individus et les entreprises d’accéder, à moindre coût, à toute une gamme de produits et de services financiers utiles et adaptés à leurs besoins (transactions, paiements, épargne, crédit et assurance), proposés par des prestataires fiables et responsables.

Source: https://www.dpa-news.de/

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