Mohamed Béavogui : la rançon d’une impossible démission

En poste depuis ce 6 octobre 2021, Mohamed Béavogui, 68 ans dont le nom a régulièrement été cité pour piloter un gouvernement ne semble pas être bien à l’aise dans cette cohabitation où tout se dicte à partir d’en-haut. Déjà, tout ou presque les oppose : d’un côté, un militaire qui veut aller vite, obtenir des résultats et gagner la bataille de l’opinion. De l’autre, décrit JA, un technocrate diplômé d’Harvard, qui a fait sa carrière à l’étranger, rompu aux lentes procédures administratives.

Mohamed Béavogui fait face à de nombreux signes qui provoquent la lassitude : « En mi-décembre, il avait été humilié par un communiqué de démenti du CNRD, alors qu’il venait de promettre aux chefs d’Etat ouest africains que le CNT sera mis en place d’ici la fin de l’année. On lui fit avaler d’autres couleuvres, quelques jours plus tard, en rebaptisant
l’aéroport de Conakry au nom de Ahmed Sékou Touré, sans que lui et son gouvernement ne fussent associés à cette décision qui avait suscité un tollé. »

Comme si cela ne suffisait pas, Dansa Kourouma, en juin dernier s’est défoulé sur ce PM, avec une rare arrogance. Et dans le faux. Ni un communiqué, ni un blâme, encore moins une quelconque interpellation à l’encontre de ce président impénitent. Mohamed Béavogui n’a pas répondu non plus. La lassitude plane mais, Mohamed Béavogui doit
payer la rançon d’une impossible démission. Car, il y a bien des années, son nom a été sans cesse cité pour diriger.

Et voilà que l’opportunité lui est offerte. L’opinion comprendrait donc mal son départ du Palais de la colombe, à un moment précis de cette transition dont on ne maitrise pas encore tous les contours. Face donc à l’amour de la patrie, au manque de considération et à l’Histoire, Mohamed Béavogui doit faire son choix. Il est attendu.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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