MONSIEUR LE PRESIDENT : Qui s’excuse s’accuse !

Un adage dit en substance que « ce que nous sommes parle plus haut que ce que nous disons ». Mais de toute évidence, Alpha Condé n’a bien assimilé cette maxime. Autrement, il ne s’emmêlerait pas les pinceaux comme il le fait actuellement au sujet de son discours controversé du 28 mai.
Surpris par la tournure contestataire que ses propos ont eue, lui-même avait déployé des équipes destinées à « recadrer » le message. En gros, il s’agissait de démentir certains passages compromettants que de petits maliens et emmerdeurs y aurait placés. Mais estimant que cela ne suffisait pas, il s’était lui-même déplacé au siège pour aller démentir les propos. Mais en s’inscrivant aujourd’hui dans la logique du mea culpa, ne reconnait-il implicitement ce qu’il se borne à contredire ? Ça en a tout l’air.
Certes, selon les indiscrétions, Alpha Condé n’a pas explicitement présenté ses excuses aux sages du manding. Mais une fois arrivé au siège du RPG et après avoir confirmé son déplacement auprès de la coordination régionale de la Haute Guinée, il a justifié cette démarche par le fait qu’en tant que fils du manding, il se devait de répondre à l’invitation que la coordination lui avait envoyé.
Dans cette affirmation, l’aspect le plus significatif, c’est celui dans lequel où Alpha Condé se présente en fils du manding. La réaffirmation de ce lien semble être une rectification du fameux « malinké, malinké, c’est quoi ? ». Jugeant cette interrogation plus humiliante que le fait que les cadres malinkés soient traités de malhonnêtes, les ressortissants de la région de la Haute Guinée y avaient vu, à défaut d’une négation, tout au moins une dévalorisation de la communauté. Devant l’ampleur de la colère qui s’était alors manifestée, Alpha Condé et ses proches avaient nié.
Mais on est bien tenté de se demander de quoi le président s’excuse-t-il s’il n’a rien dit de mal ? Quand on ne se reproche rien et qu’on a la conscience tranquille, pourquoi faire la cour à la coordination de la Haute Guinée pour se faire pardonner ? De fait, cette incohérence est révélatrice d’une faute qu’on n’a pas le courage d’assumer.
En tout cas, c’est désormais de cette façon que beaucoup de citoyens de la Haute Guinée perçoivent les démarches du président Alpha Condé. Pour eux, il s’est effectivement rendu coupable de propos déshonorants à leur endroit. Mais après coup, il s’est rendu qu’il serait autrement suicidaire de les assumer. Alors, d’une part, il dément, et de l’autre, il s’excuse. Deux objectifs diamétralement opposés. Même s’il n’en pas nécessairement conscience.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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