Mort d’un prisonnier au commissariat du stade : un suicide ou une torture ?

Incarcéré quelques jours auparavant, dans une affaire de vol, Abdoulaye Soumah, maçon de profession âgé d’une trentaine d’années, a trouvé la mort dans des circonstances obscures.

Si les uns parlent de suicide dans sa cellule, sa famille n’y croit pas trop à cette version !

Yaya Cissoko, un des proches de la victime, privilégie la piste d’une mort sous l’effet des tortures.

« Les policiers ont fait sortir le jeune de la prison vers 19h pour lui déposer au niveau de la morgue de l’hôpital Donka, mais ces derniers n’ont pas accepté d’accueillir le corps du jeune. C’est finalement à l’hôpital Ignace-Deen qu’ils ont pu déposer le corps du jeune Abdoulaye Soumah. Quand nous sommes venus le dimanche pour faire des enquêtes pour voir si effectivement il est décédé, mais personne n’était au poste de police ce jour-là. Lorsqu’on n’a appelé le central, c’est là qu’ils nous ont confirmé que le jeune est effectivement décédé », déplore ce parent de la victime au micro de nos confrères de C24news.info.

C’est pourquoi, ajoute-t-il, « Quand je suis venu au commissariat après l’enterrement, j’ai parlé avec un prisonnier qui partageait la cellule avec Abdoulaye (le défunt) il m’a fait savoir que les policiers avaient enchaîné le jeune avant de lui frapper à mort. C’est là que j’ai saisi le commissaire sur la question. Et quand nous sommes revenus vers le prisonnier c’est en ce moment qu’ils (les policiers) ont menacé le jeune (prisonnier) si toute fois il s’hasarde à dire la vérité. Et quand je lui ai redemandé encore il a changé de version en disant que le jeune s’est cogné la tête contre le mur » explique le beau frère du défunt.

Pour rappel, ce jeune maçon a été incarné suite à la disparition de trois sacs de carreaux cassés dans un chantier en construction. Le propriétaire du bâtiment avait porté plainte au Commissariat de police du stade du 28 septembre.

Battu à mort par les policiers, il aurait succombé à ses blessures sous l’effet des tortures.

Ce décès relance le débat sur la pratique des tortures et les violations répétées des droits de l’homme dans les prisons guinéennes.

Mariam Diallo, www.kababachir.com

 

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