Mouvements sociaux : la trouille du Président !

Des quartiers entiers connus et reconnus pour leur sagesse, leur calme et leur pondération ont récemment fait preuve de barbarie, de sauvagerie, suite à la démission de l’Etat. Lambanyi, Yimbaya, Aviation, Gbessia, etc. réputés être des havres de paix ont récemment exprimé leur ras-le-bol, brûlant des pneus, par-ci, caillassent des voitures par-là, érigeant des barricades de l’autre côté. Il n’était surtout pas souhaitable d’être à ces mauvais endroits.

De l’autre côté de la Guinée, on se fait justice. Parce qu’on n’a plus confiance à l’Etat. Pour un oui ou pour un non, c’est la vindicte. On brûle vif, on détruit des édifices, des engins privés ou publics. En Guinée, le phénomène prend de l’ampleur. Le ministre de la Justice se bouge en tentant de dissuader. Cela n’émeut personne.

Alpha Condé, lui-même ne dit rien, mais, ces derniers temps, habité par une trouille sans nom, il a au cours d’un conseil des ministres invité le gouvernement à sensibiliser les organisations patronales pour prévenir les mouvements sociaux en maintenant un dialogue social permanent et en engageant à temps les discussions avec les syndicats de travailleurs. Au cours de la grève des enseignants, c’est tout Conakry qui failli s’embraser.

Au même moment, d’autres corporations voulaient descendre dans la rue pour ajouter l’utile à l’agréable. Pendant ce temps, les politiciens brandissaient le glaive, à cause du non-respect des accords signés. Conscient que la prochaine fois ça risque de sentir du cramé, Alpha Condé veut anticiper. Avec une bonne dose de subtilité. Il a intérêt à remobiliser ses forces et faire parler l’autorité de l’Etat que lui-même bafoue à tout-va.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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