Négociations avec le SLECG : Tibou Kamara fait mentir son mentor

« Notre PIB a été revalorisé. On était autour de 7, on est désormais autour de 9 à 10 milliards USD. Ce qui est une très bonne chose, sans compter les réformes que nous menons au niveau de nos finances publiques et qui nous amènent à être beaucoup plus sélectifs sur certains investissements. C’est-à-dire qu’on établit les priorités, et l’Etat accentue ses investissements sur ces priorités. Et on rationnalise aussi les dépenses de fonctionnement.»

Le pouvoir de Conakry est manifestement rattrapé par son mensonge :les projections de croissance du pays revues à 6,6 % ( ?).Selon le ministre du Budget, qui faisait cette déclaration depuis novembre 2017, l’économie guinéenne est en train de rebondir en évoluant sur des sentiers de plus en plus solides. Cet élan tire sa vivacité des réformes engagées et de la vigueur de certains secteurs. A priori, c’est suffisant pour être subtile. Seulement, comme il est question de faire face à une crise sociale, le pouvoir cherche à s’échapper en évoquant des contraintes budgétaires. Pourtant c’est bien lui qui évoquait des embellies. Le taux de croissance dans le domaine agricole est en moyenne de 5 %, nous disait-on. Et que savons-nous encore !

Seulement voilà ! Avant même que les négociations avec le SLECG ne soient entamées, Tibou Kamara a tenu hier mercredi 28 février 2017, à placer des directives : le gouvernement est fait face à des contraintes budgétaires liées aux exigences des partenaires bi et multilatéraux. De quoi déjà donner un hoquet qui empêche réellement d’entamer les vraies négociations. Récemment lorsque Chérif Bah  a donné des leçons de transparence, c’est tout le RPG qui monte sur ses grands chevaux pour crier opposition-ci, opposition-là. Et pourtant, avait insisté l’opposant : « Les finances du pays étaientbeaucoup mieux gérées sous Lansana Conté que maintenant. Le code du marché public était appliqué. Il n’y avait pas assez de marchés gré à gré à l’époque. Je le sais, bien que je ne fusse pas ministre des Finances. »

Une autre question se pose actuellement : Comment absorber les quelque 21 milliards et poussières USD représentant des intentions de financement et dont le gouvernement guinéen y compris Alpha Condé lui-même en fait un trophée de guerre ? Dalein Diallo a la reponse : « Il y a des intentions, il y a une épargne internationale, il y a de l’aide publique au développement, mais il faut avoir une capacité d’absorption. La capacité d’absorption, c’est la capacité d’abord de l’administration à formuler des projets pertinents à bonne date, à veiller à leurs exécutions pour que le décaissement se fasse dans les délais prévus. Mais l’administration avec la corruption, avec ces marchés de gré à gré, personne n’acceptera de prendre l’argent de son contribuable pour donner dans des conditions obscures. »

Avant lui, un ministre de la République et pas des moindres – Mohamed Lamine Doumbouya, ministre du Budget –avait évoquéémis des réserves : « Si nous voulons vraiment améliorer l’absorption de ces ressources, nous devons forcement investir dans l’amélioration des conditions d’attribution des marchés et d’exécution de ces marchés et aussi le suivi. »  Et le jeune ministre d’ajouter : « Nous avons tout d’abord l’obligation de veiller sur la qualité des dépenses, c’est essentiel pour s’assurer que les ressources ne sont pas gaspillées et que les ressources utilisées puissent avoir des effets d’impact sur les conditions de vie de nos populations. Ensuite, nous avons aussi l’obligation de faire en sorte qu’il y ait plus de mobilisation, que nos régies puissent dépasser les objectifs assignés pour pouvoir mettre à disposition les ressources nécessaires. »

Ce ministre est totalement en déphasage avec le reste du gouvernement. Surtout au moment même où il est question de négocier avec le SLECG. A y voir de près, Soumaha tout le droit de rester intraitable quant aux revendications soumises au gouvernement. Quitte à geler les fonds de souveraineté octroyé à Alpha Condé et à ses multiples voyages sans résultats. En avant, camarades syndicalistes, l’Etat sait où trouver l’argent, au même titre que les milliards GNF gaspillés dans les élections et pour corrompre des enseignants et autres cadres de l’Education!

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

 

 

 

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