Neutralité des administrateurs territoriaux : lutte sans fin !

C’est un chemin de croix qu’entame l’opposition républicaine en exigeant la mise à l’écart des administrateurs territoriaux, tous nommés par Alpha Condé et donc inféodé au système. Nombreux points inscrits dans les accords du dialogue inter guinéen ont trouvé un consensus. Mais celui qui risque de donner du grain à moudre c’est bien la neutralité dans le processus électoral des administrateurs territoriaux. L’opposition en est bien consciente.

C’est pourquoi, elle cherche de garantie auprès du ministère de la Décentralisation afin de cuisiner une loi sanctionnant tous les aventureux. La croix et la bannière quand on sait que depuis l’avènement de la démocratie vers les années 90 et les joutes électorales qui ont suivi, préfets, gouverneurs et ministres usent et abusent de leur culte de la personnalité, les fonds de l’Etat pour ratisser large pour le parti au pouvoir et malmener l’opposition vue plutôt comme un réel ennemi soit du ‘’changement dans la continuité’’ ou du ‘’Guinea is back’’.

Ces administrateurs locaux sont associés au processus ou à défaut, s’invite tout simplement dans la campagne, le décompte des voix ou des bourrages des urnes. Tous les moyens sont bons pour avoir des scores soviétiques et renouveler une prétendue confiance avec le palais. Ce jeu est bien connu en Guinée. Les dernières législatives, on se rappelle, des ministres de la République en l’occurrence Koutoub Sanoh de la coopération internationale, Tata vieux de la Pêche d’alors ont été cités et dénoncés par des observateurs occidentaux. Puis, par des leaders politiques notamment Lansana Kouyaté. On se rappelle encore des empoignades entre Kouyaté et Koutoubou Sanoh. Ce ministre avait même menacé de trimballer le leader du PEDN en justice. Comme quoi, la neutralité dont il est question est un chemin long, escarpé et semé d’embûches. Mais, l’opposition ne semble pas désemparée outre mesure. Elle veut trouver des garde-fous pour mâter tous les contrevents.

S’achemine-t-on donc vers la fin d’une époque ? On est tenté de le croire. Certains parient déjà sur un échec. D’autres se taillent aussi des perles en vantant l’ouverture du pouvoir à la démocratie. Mais, 2015, c’est déjà demain. On verra alors mieux. Après tout, aucun ministre ne voudrait être battu chez lui. Sauf dans certains les fiefs supposés être imprenables.

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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