‘’ Nous sommes résolument engagés à défendre notre jeune démocratie’’ (Hamidou Barry)

 

Alors que la présidentielle s’approche à grand pas, la classe politique reste divisée face à une éventuelle candidature du Président Alpha Condé dont l’intention de briguer un 3ème mandat, se fait de plus en plus ressentir.

Si la mouvance présidentielle et la CODECC ont déjà désigné  candidat, qui n’est autre que l’actuel président, l’opposition qui s’est battu corps et âme pour empêcher un tripatouillage de la Constitution, dont le seul but était de maintenir Alpha Condé au pouvoir,  en violation des dispositions de la Constitution de 2010, n’a pas encore dit son dernier mot.

Pour en savoir plus sur les enjeux de cette présidentielle, notre rédaction a tendu son micro à un jeune leader politique qui ne semble pas cautionner un projet de 3ème mandat pour Alpha Condé.

Hamidou Barry, Président du parti  PCDIC ne cache pas son opposition à une présidence à vie en Guinée. 

C’est en tout cas ce que laisse entendre ce jeune leader au micro de votre quotidien en ligne :

Kababachir.com : Comment vous réagissez à la désignation du Président Alpha Condé comme candidat à la présidentielle par sa formation politique et les partis alliés?

Hamidou Barry : Ceux qui sont en train de le pousser à ce projet sont connus. Hier, ils étaient à l’opposition, aujourd’hui ils sont avec lui et ils continuent de se servir au lieu de servir la nation.

C’était d’ailleurs prévisible, parce que le fait de vouloir modifier la Constitution à tout prix avait un mobile caché. C’est celui d’offrir à Monsieur Alpha Condé, une opportunité pour se maintenir au pouvoir. O, il a juré deux fois sur la Constitution de 2010. C’est pourquoi, il était opportun de respecter  son serment. Mais Alpha et son clan veulent se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple de Guinée. C’est pourquoi, nous pensons qu’il est temps que le peuple se réveille pour l’empêcher.

Pourquoi l’attitude de CODECC et du RPG vous dérange tant étant donné que c’est un choix politique.

Ça nous dérange à partir du moment où le sens du combat auquel on s’est toujours battu est foulé au sol. Cela doit nous interpeller tous.

A un moment donné il va falloir surseoir l’intérêt personnel  pour privilégier l’intérêt général et donner la chance à la démocratie.  Toutes ces manœuvres qu’on a connues n’est rien d’autre que de maintenir ce vieux de 83 ans pour profiter d’avantage sur les ressources au détriment du peuple de Guinée.

Mais le moment viendra où ceux qui ont parlé au nom de CODECC, je vais parler de Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla, répondront devant l’histoire. En tut cas on se souviendra que ces leaders politiques, opposants hier ont fait un revirement à plus de 90° pour piétiner les lois de la République en accompagnant ce vieillard contre la volonté populaire et contre les dispositions de la Constitution.

Nous pensons que les jeunes, les femmes et l’ensemble des acteurs de la société guinéenne doivent se lever pour dire ce coup d’état constitutionnel ne marchera plus.  

Nous devrons œuvrer pour que les deux mandats soient appliqués à Monsieur Alpha Condé pour que notre pays s’inscrive dans la logique d’une alternance démocratique. En plus, il faut faire plutôt la promotion de la jeunesse au lieu de soutenir un vieillard.

Votre formation politique, le PCDIC prendra-t-elle part au scrutin présidentiel du 18 octobre prochain ?  

Nous sommes en concertation avec la base. Les informations seront remontées. Et au moment venu nous aurons une grande réunion au cours de laquelle nous allons évaluer nos chances de participations ou pas.  

En tout cas nous nous inscrivons dans la logique de l’empêcher. Mais si nous nous rendons compte les conditions d’organisation sont favorables, nous verrons parce que M. Alpha Condé a un agenda caché. 

Est-ce que vous-même vous n’avez pas un agenda caché à partir du moment où vous n’avez pas une position claire quant à votre participation au scrutin présidentiel ?

Je dis en bon démocrate, notre participation dépendra de la volonté des uns et des autres, c’est-à-dire du bureau politique mais aussi des différentes fédérations du parti.

Nous pensons qu’il est urgent aujourd’hui de trouver une stratégie permettant d’empêcher Alpha Condé de s’octroyer une présidence à vie. Faut-il lui barrer la route par les urnes ou bien par la rue ? Toutes ces questions doivent trouver une réponse claire et précise.

En tout cas, nous sommes résolument engagés à défendre notre jeune démocratie et empêcher cette forfaiture. Sinon, nous risquons encore  de tomber plus profond et notre démocratie aura un coup plus dur qu’elle n’a jamais eu auparavant et la Guinée va se retrouver  parmi les plus mauvais élèves de la démocratie en Afrique.

J’insiste la dessus, notre souhait est qu’Alpha Condé soit exclu du scrutin présidentiel parce nous n’allons pas cautionner le coup d’état constitutionnel, encore moins une présidence à vie en Guinée.

Propos recueillies par Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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