Des ONG appellent les autorités guinéennes à rendre justice aux victimes de violences politiques

Deux organisations de défense des droits de l’homme appellent les autorités guinéennes à rendre justice aux victimes de violences en Guinée. L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) l’ont formulé à l’occasion de la publication cette semaine d’un rapport invitant l’État guinéen à inscrire le secteur de la justice parmi ses priorités. Elles estiment que lutter contre l’impunité et rendre justice aux victimes de violences politiques vont favoriser la réconciliation entre les Guinéens.

Cette demande formulée par ces ONG intervient au moment où le dossier relatif au massacre du 28 septembre 2009 a enregistré une nette accélération ces derniers mois, près de huit  ans après les faits. La présidente de l’association des victimes de cet événement malheureux au cours duquel 157 personnes réunies au stade de Conakry avaient été tuées par des éléments des forces de défense et de sécurité se dit confiante quant à l’ouverture de ce procès, annoncée pour la fin de l’année en cours par le ministre de la Justice Me Cheikh Sacko. Pour ce faire, Asmaou Diallo réclame le retour en Guinée du chef de l’ex-junte militaire Moussa Dadis Camara, en exil à Ouagadougou (Burkina Faso) depuis janvier 2010.

« Nous tenons à ce qu’il y ait procès pour que la  Guinée soit libre. Tant que ce procès n’est pas tenu, c’est une tache noire qui est sur [notre pays]. Partout où l’on ira, on parlera de ces  massacres  du 28 septembre, des femmes violées à plein ciel et des femmes qui n’ont pas de moyens et qui souffrent de ces violences », a rappelé Mme Diallo.

Ces deux organisations, qui se sont constituées partie civile dans cette affaire, n’excluent pas de saisir la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) si la justice guinéenne ne montre pas la volonté de juger les responsables de ces crimes. « Le combat que nous devons  mener, c’est pour que le procès se tienne en Guinée », a souligné Me Hamidou Barry, avocat des victimes. Selon lui, la tenue du procès en Guinée présente de nombreux avantages : il y [aura] beaucoup de victimes et d’accusés. Cela permettra en outre de mettre fin à l’impunité en Guinée et de favoriser la réconciliation entre l’État  et sa  population. « Mais  si le procès n’a pas lieu en Guinée,  il y a la cour de la CEDEAO », a-t-il fait remarquer.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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