Un opposant sur les marchés de gré à gré

« La gestion de Conté était beaucoup plus transparente et claire que celle d’aujourd’hui. Je suis un ancien comptable, j’ai beaucoup de chiffres ici que je vais vous donnez tout à l’heure. L’un des points clés, c’est les marchés publics, c’est à travers là qu’on déchiquette le grand contrat de travaux de l’Etat. C’est un désordre total. »

Chérif Bah marche ainsi sur les traces de Dalein Diallo, lequel a sans dénoncé les marchés octroyés à des copains, sans aucun appel d’offre. Le vice-président de l’UFDG s’exprimait ainsi sur les ondes d’une radio privée, la semaine dernière.

Extrait : « Il y a eu des travaux, le gouvernement a des rapports sur 146 marchés. Vous prenez 68 marchés  audités d’une valeur de 12 000 milliards de francs guinéens et sur ce montant également vous prenez 16 marchés sur 68 d’une valeur de 3 000 milliards de francs guinéens. Le constat est que 13% seulement des marchés sont conformes à la loi sur les marchés publics qu’on appelle code des marchés publics ; 63% sont non conformes, il y a 24% qui ne sont même pas ‘’auditables’’. C’est-à-dire, il n’a même pas de document de base correcte, sincère pour dire qu’ils sont préjugés. Donc grosso modo, 93% des marchés sont hors normes. Et dans ce lot également 92% des marchés sont dé gré à gré. »

Pour Chérif Bah, les marchés de gré à gré, sont sources de corruption, de surfacturation, de mauvais travaux, de contrôles non faits et toutes les dépenses que nous connaissons. Ainsi, « Quand les gens manifestent à Kérouané, manifestent à Beyla pour demander de route, ça vient de là. Les gens sont payés. Les travaux ne sont pas faits. Et ici, il y a une grave iniquité   dans l’affaire. 80% de ces démarches sont octroyés gré à gré à un petit lot d’entreprises, c’est-à-dire un clan. C’est un clan qu’on enrichit, c’est l’affairisme au plus haut niveau de l’Etat que nous avons dans notre pays. »

Et de conclure : « Alors, nous disons que nous sommes très, très fiers du bilan de Conté comparé à la gabegie actuelle, au pillage actuel des ressources de l’Etat. »

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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