OPPOSITION-POUVOIR : la méfiance demeure

Il ne faut point se laisser abuser par l’espèce de décrispation passagère que connait le pays. Les relations entre Alpha Condé et ses opposants paraissent cordiales. Le chef de l’Etat s’efforçant de faire croire qu’il a changé. Mais entre les deux camps, la méfiance est encore importante. Chat échaudé craignant eau froide, les opposants ne veulent se laisser convaincre que par les actes concrets. Or, ceux-ci tardent à venir.

Deux semaines jour pour jour après la rencontre entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, l’euphorie de cette audience retombe peu à peu. L’espoir aussi s’amenuise jour après jour. En dépit de la visite de courtoisie que le chef de l’Etat a rendue le 7 septembre au chef de l’opposition et l’audience qu’il a accordé ce mercredi à Aboubacar Sylla, le porte-parole de cette opposition, des divergences demeurent. Ainsi, avant de répondre à l’appel du président Alpha Condé, le leader de l’Union des forces du changement (UFC), avait déjà le mardi chez nos confrères de Lynx FM, dénonce le décalage entre les promesses présidentielles et la concrétisation de ces dernières.

Aboubacar Sylla relevait notamment qu’en deux semaines et en dépit des engagements forts et précis que le chef de l’Etat avait pris, le dialogue n’est pas encore relancé. Tout au contraire, l’opposait déplorait même une sorte d’approche vicieuse tendant à endormir l’opposition, le temps de faire passer un certain nombre d’actes qui lui seraient ensuite imposés. Il en voulait pour preuve le fait que la CENI ait proposé la date du 18 décembre pour la tenue des élections communales. En effet, selon lui, c’est le dialogue politique qui devrait, en examinant tous les paramètres, proposer la date des élections communales et l’opportunité ou non de les coupler aux locales.

Moins précis que son camarade de l’UFC, Cellou Dalein Diallo, depuis Labé où il réside, a pour sa part, tenu à rappeler que l’unique condition de restauration de la quiétude entre pouvoir et opposition, c’est le respect des engagements. S’il admet des actes symboliques ont été posés et que ceux-ci méritent d’être salués comme il se doit, le chef de file de l’opposition a ainsi voulu rassurer notamment ses partisans quant à sa position.

Et c’est dire que la détente n’est pas encore véritablement acquise.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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