Opposition républicaine : la déchirure en attendant le chaos !

Alpha Condé avait promis qu’avant qu’il ne quitte Sékhoutouréya, il n’y aura plus d’opposition en Guinée. On tend tout bonnement à cela. On a assisté à la déconfiture de la Coalition de l’opposition républicaine (COEP). On a vécu la fin du Tout Sauf Alpha (TSA), piloté par un cadre désormais suspecté d’être proche d’Alpha Condé. Par où est passée l’opposition extraparlementaire ? Morte comme elle est née. Où est l’ADP, de Doré, Kouyaté et Sylla ? Diluée ou disparue !

Nulle part, une bloc n’a résisté face à Alpha Condé. Celui-ci se révèle être le seul politicien à bord de la classe politique guinéenne. Il ne manque jamais de subtilités, de stratagèmes et de calculs politiciens pour déstabiliser les uns, enivrer les autres pour se maintenir. Alpha Condé ne recule devant rien quand il est question de tirer les marrons du feu. Faya Milimono, l’une des pièces maitresses de la COEP, a jeté l’éponge, parce que se sentant trahi par ses pairs qui se sont fait recevoir par Alpha Condé, à Sékhoutouréya.

A sa suite, l’UFD de Baadiko et aujourd’hui, le CADRE. Mais, déjà, l’objectif d’Alpha Condé était atteint : désintégrer cette COEP, aux grandes gueules, par la manière la plus irréparable, en créant la zizanie entre les leaders dudit ensemble. Simultanément, Alpha Condé met main basse sur le Tout sauf Alpha. Celui qui fait la fine bouche là-dans, est éjecté. Le locataire de Sékhoutouréya avait fait croire à l’équipe du TSA qu’il avait récupéré le coordinateur qui se trouvait être Mohamed Lamine Kaba, transfuge du RPG.

De longs mois après, Alpha Condé, de guerre lasse s’attaque aux formations politiques. Il en a fini avec le PEDN de Lansana Kouyaté depuis les législatives. Le parti se cherche. Son président absent. L’UFR se cherche une position depuis que son président a juré qu’il ne va plus monter sur le capot d’une voiture pour manifester, avant de quitter tout simplement l’opposition républicaine. Le parti a un représentant dans le gouvernement, en l’occurrence Mohamed Tall de la Protection animale. Sydia devenu Haut représentant du Chef de l’Etat. L’UFDG tangue encore avec cette affaire de Bah Oury, lequel est déjà récupéré voire possédé par le pouvoir de Conakry. L’homme a jeté l’anathème sur sa propre formation politique pour bénéficier de la grâce présidentielle et rêvant secrètement d’un poste. C’est raté pour Bah Oury. L’UFDG ploie mais ne rompt pas.

Seulement, les deux grandes formations politiques qui grossissaient ses rangs au nom de l’opposition républicaine ont toutes quitté. Celles-ci vouent aux gémonies les anciens amis. C’est donc la débandade au sein de l’opposition républicaine. Les frustrés se trouvent une autre appellation : opposition plurielle. Ce, depuis la signature des accords de tous les désaccords du 12 octobre. On vit alors la déchirure avant le chaos. Car, certainement, au lendemain des élections locales, le reste de bien d’autres partis signeront leur arrêt de mort. Alpha Condé aura réussi son pari, mais, le plus dur reste à venir.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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