Orientation des bacheliers : les signes de l’extinction des Universités privées

Il y a juste quelques jours Kababachir.com alertait sur ce que cachait l’Etat avec le naufrage au bac 2017. Moins de dix jours, l’opinion se rend à l’évidence. En effet, selon des sources concordantes et sauf changement de programme, les 23 656 admis au bacc seront orientés dans le public. L’idée aurait germé au cours d’une réunion au département du Pré universitaire. Certes, une des têtes de l’exécutif là-bas dit n’être au courant de rien, mais, les murs ayant des oreilles, les choses ont fuitées. Et du coup, on a eu les signes de l’extinction progressive des universités privées.

Aujourd’hui, au bac c’est le naufrage. Le ministre K au carré parle du « sérieux, de la rigueur et de la vigilance qui ont caractérisé le déroulement de ces examens », tout en invitant les uns et les autres « au respect de ces résultats.» Le ministre de l’Enseignement pré-universitaire encourage les non admis « à redoubler d’efforts et à toujours penser que le meilleur reste à venir pour celui qui sait tirer les leçons de son échec. » Derrière ce tableau fait de rigueur, de réforme, etc., se cache une réelle volonté du gouvernement de faire des économies au niveau de l’enseignement supérieur, constituant jusque-là, un goulot d’étranglement pour les finances publiques. Les raisons de l’échec programmé découlent donc de cette manœuvre. In fine, c’est la politique d’extinction des Universités privées qui se dessine en pointillés.

En effet, si des étudiants ne sont pas orientés dans ces écoles privées, celles-ci risquent de fermer les unes après les autres, sauf celles qui sont déjà prêtes à affronter l’aventure ou qui disposent déjà un effectif souhaité. Ces écoles ne sont pas nombreuses, on le sait. Subtilement, l’Etat est donc en train de tuer les Universités privées. Le grand effectif des chanceux admis sera orienté dans les écoles publiques et le menu fretin sera déversé ailleurs.

Alpha Condé qui ne cesse de dénoncer le niveau bas des étudiants guinéens, voire des cadres doit alors se féliciter de ce naufrage qui fait gagner l’Etat. Il y a quelques mois, un député dénonçait : « J’ai toujours dénoncé au niveau de l’Assemblé nationale du fait que le gouvernement guinéen injecte bon an, mal an, 300 milliards GNF au financement des bourses des étudiants privés dans les Universités publiques. Nous avons tellement discuté qu’aujourd’hui, au lieu que le gouvernement accorde 300 milliards GNF, il est allé jusqu’à 400 milliards GNF.»

On comprend donc pourquoi l’échec massif : moins une rigueur qu’une volonté de faire des économies et éteindre progressivement les Universités privées.

Rien que cela !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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