Quand Otis Keira s’attire les foudres d’un député tout aussi décrié

Pour les uns, le député de Gaoual est loin celui qui incarne la vertu en matière de respect des lois, de l’intégrité morale, etc., mais, Ousmane Gaoual Diallo n’en a cure. Lui qui passe tout le temps à malmener des personnalités y compris celle haut-perchée du Parlement ne semble point faire l’unanimité.

Ce, en faisant la morale ou en enjoignant le Procureur de la République d’intenter des poursuites judiciaires contre un ex ministre actuellement militant du RPG et conseiller à la Présidence de la République. « Le RPG dit non parce que cette loi sur le code électoral amendé porte des germes de contentieux. La Cour a intérêt qu’il y ait des contentieux électoraux parce que cela lui permet d’avoir de l’argent. Alors, cela ne marchera pas, c’est une escroquerie ». Voilà en effet, la déclaration qui incrimine Otis Keira. Les hommes en toge ont vite réagi. Et manifestement, aucune action n’est plausible contre Otis, parce que la Justice étant ce qu’elle est : aux ordres.

Mais déjà, le député, tout aussi décrié, tant parmi les RPGistes qu’une partie des autres observateurs estimant que ce responsable de l’UFDG en fait de trop dans ses réactions et autres attaques. Il n’est donc pas le mieux loti pour donner des leçons de respect de droit. Il n’empêche qu’il veuille à ce que le Procureur de la République mette fin à ce qu’il appelle délinquance.

On ne sait pas trop comment on pourrait appeler alors cette autre sortie du député liée notamment au plan B de la destitution d’Alpha Condé : « Je pense qu’il n’y a pas une autre manière, c’est celle de l’insurrection, de la mobilisation populaire qui va définir en ce moment l’ordre institutionnel. Ce n’est pas la meilleure façon pour valoir la démocratie (…) il faut que les gardiens des Lois fassent en sorte que chacun puisse être justiciable devant les institutions judicaires. »

Une telle déclaration, en principe, gêne. Au-delà de sa rigidité, elle est pernicieuse et fait peur. Bien suffisant pour disqualifier Ousmane Gaoual Diallo invitant à mettre fin « cette attaque irresponsable envers une institution (Cour constitutionnelle, NDLR) (…) qui ne doit pas tolérer qu’on ose lui manquer de respect parce qu’un cadre de la mouvance n’est pas content de l’arrêt de la cour. » Le RPG trouve cette leçon bien ridicule. Soit !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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