Paris soutient le FNDC, mais Alpha Condé s’entête!

En juin 2017, Alpha Condé bénéficiait (Enfin !) «Une visite symbolique et politique »de Jean-Yves Le Drian, alors tout nouveau ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Il était en court séjour à Conakry chez l’ami, le camarade Alpha Condé. Selon un communiqué de la Présidence de la République, ce déplacement devrait être une première occasion de promouvoir les priorités de la France en Afrique : climat, développement économique, sécurité.

Derrière ce rideau diplomatique qui se traduisait aussi par la présence française dans les Mines en Guinée, Jean-Yves Le Drian était à Conakry pour sécher les larmes, consoler et rassurer l’ami et camarade Alpha Condé, lequel avait été éconduit, on le sait, par le président Macron, l’enjoignant à mettre fin aux crises qui couvent en Guinée, au lieu de se lancer dans une intermédiation au Golf, alors que l’Afrique elle-même brûlait, pendant qu’il était le président en exercice de l’Union Africaine.

C’est au nom de cette présidence d’alors que Le Drian s’était rendu à Conakry, charger Alpha Condé de faire le trait d’union entre l’Afrique et la France dans le cadre du climat, une des promesses électorales d’Emmanuel Macron. En contrepartie, les portes de l’Elysée, lui seront entrebâillées. Le Drian jouait gros et il semblait avoir réussi à consoler son ami et camarade de revoir sa copie sans délai afin d’être enfin reçu à Paris. Pas en tant que président guinéen mais président de l’UA. La nuance était fondamentale, selon des sources diplomatiques.

En mai 2019, la même France avait émis des soucis quant au climat politique malsain qui prévalait – encore d’ailleurs – en Guinée : «Sur la Guinée, oui je sais, mais je suis en séance publique, donc je ne peux que constater comme vous une situation qui peut être préoccupante. »

Aujourd’hui encore, Paris s’inquiète : «C’est la situation la plus sensible aujourd’hui (dans la région) et l’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution ne nous paraît pas être obligatoirement partagé ni par sa population ni par ses voisins. »

Cette sortie de Paris intervient au moment même où Alpha Condé s’entête en signant le décret ce mercredi 15 janvier 2020 portant ouverture et fermeture de la campagne électorale pour les élections législatives du 16 février 2020, élections déjà contestée à partir du fichier électoral. Alpha Condé s’obstine. Mais, le FNDC se trouve un allié de taille : Paris.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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