Passation marchés publics : Alpha Condé, dans le système Conté !

Il dit vouloir changer la Guinée. Seul hic, il reprendra la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée. Il veut être en même temps le Mandela et l’Obama guinéen. Des contre-exemples, de par l’allure et la nature de la gestion imprimée. Alpha Condé s’est planté. Lamentablement planté. Illustration parfaite : la passation des marchés publics.

En effet, l’homme qui dit incarner le changement, marche sur les platebandes du vieux général de Gbantama. Pour s’en convaincre, une simple lecture faite par un opposant qui était aux affaires mais dont le système d’enrichissement illicite n’a pas changé d’un iota. S’il n’est empiré.

Aux micros de Guinée matin, Aliou Condé de l’UFDG déclare : « Voilà comment ça fonctionne aux Ministères: vous avez les crédits du ministère, on va chercher un fournisseur, on s’entend avec le ministère des Finances qui envoie une mission de service pour constater que le service a été fait. Ils viennent dire oui, toutes les fournitures ont été livrées. Donc, c’est ce service fait qu’on joint aux pièces. Ça va au circuit financier et on paye. Le jour où le fournisseur reçoit le chèque, il va au trésor où à la banque et il encaisse. Il sort l’argent et c’est diviser en trois parties. Une part pour lui, une part pour le ministère des Finances et une part pour le ministre (de tutelle). Vérifiez dans n’importe quel ministère aujourd’hui, je les mets au défi, vous trouverez ces pratiques et ça c’est depuis le temps de Conté. »

Cette lecture est sans équivoque. Les nombreux marchés de gré à gré octroyés à des proches, amis et coquins en disent longs sur l’encrage du système Conté. Le système Alpha est pire que ses deux prédécesseurs. Dalein en sait quelque chose. Selon lui, « Tous les indicateurs sont au rouge. »

Avant d’ajouter dans les colonnes de Jeune Afrique : « En 2014 et en 2015, l’État a conclu des contrats de gré à gré pour près de 800 millions de dollars, alors que ces dépenses n’étaient pas inscrites dans le budget. Naturellement, cela s’est traduit par une hémorragie dans les réserves de change, une augmentation de la masse monétaire et une forte dépréciation de notre monnaie nationale. Le FMI et la Banque mondiale ont exigé que l’État rembourse chaque mois à la Banque centrale l’équivalent de 170 milliards de francs guinéens. Pour y parvenir, il faut augmenter les recettes et contenir les dépenses. Et c’est la population qui va devoir payer, mais elle dit non. »

Jugez-en.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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