Passeports biométriques à la diaspora : Alpha donne des instructions

Se trouver un passeport biométrique à la diaspora est devenu un parcours du combattant, voire un chemin de croix. Le précieux sésame qui constitue aujourd’hui un réel business pour les démarcheurs et les hauts cadres de la Police de l’Air et des frontières. 500 mille GNF est le prix officiel pour avoir son passeport.

Ce document de voyage est trafiqué jusqu’à un millions ou un million cinq cent GNF. Selon l’urgence et la tête du voyageur. Le délai : un jour, deux, voire trois. Dans l’enceinte du ministère des gens s’affairent, en conciliabule, etc. On y rencontre aussi beaucoup de compatriotes qui ont pris l’avion pour juste se faire le passeport et de retourner. Habitués aux bonnes pratiques, ils sont souvent déboutés en voyant des demandes ici et là « pour activer le dossier ». Certains se prêtent aux jeux pour vite s’extraire de la fourmilière, d’autres refusent carrément, arguant qu’ils ont payé et donc plus rien à y rajouter. Ailleurs, dans les représentations diplomatiques, ce n’est vraiment pas la joie. Dans bien des cas.

L’affaire est remontée à la Présidence de la République. C’est pourquoi Alpha Condé a, au cours du conseil des ministres, demandé à ce que « toutes les dispositions soient prises pour que nos représentations diplomatiques puissent délivrer des passeports biométriques à nos compatriotes installés à l’étranger et ce, dans les meilleurs délais. » Cette instruction du Chef de l’Etat pourra-t-elle dissuader les corrompus et trafiquants ? Nous répondrons par la

négative. Il n y a pas de suivi. Et mieux, la filière passeport élargie ses tentacules jusque dans les entrailles de Sékhoutouréya. Qui a donc peur de cette instruction d’Alpha Condé ?

Aucune main ne se lève. Autant continuer les pratiques malsaines. Ainsi va le changement.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.