Patrimoine industriel : quelle situation du parc industriel ?

Le Chef de l’Etat a instruit le ministre en charge de l’Industrie, en relation avec son homologue de l’Habitat, de faire la situation des zones industrielles et du parc industriel existant. Le Président de la République a insisté pour la récupération des domaines industriels qui n’ont pas été mis en valeur.

C’est l’une des grandes décisions issues du conseil des ministres de la semaine dernière, à Conakry. On constat se dégage : tout le patrimoine est entre les mains soit des garagistes, soit des tenanciers de bars, de buvettes, d’ateliers de soudure, de couture ou tout simplement rendu à la nature. La Conserverie de Mamou, Salguidia et les autres sont l’ombre d’elles-mêmes.

En demandant aujourd’hui la situation du parc industriel, Alpha Condé veut juste lever un autre lièvre. Pour s’amuser. Lui qui, à chaque fois qu’il ouvre la bouche c’est pour déclarer la mise en place très prochaine d’usine de tel ou de tel produit. Il est vrai qu’en fin d’année de 2016, Boubacar Barry Bigup se félicitait de la mise en place de quelque 42 à 45 entreprises. A l’époque, ce nombre d’entreprises apparait aux yeux de bien des observateurs loin en deçà des espérances. Près de dix ans en effet, seuls ces entreprises dites grosses ont osé investir en Guinée, ce, malgré des réformes annoncées et enclenchées ici et là. « Mais, toutes ces réformes n’ont pas été promulguées », regrettait déjà le ministre des PME, dans le journal La Lance. Néanmoins, ces entreprises implantées concernent nombreuses activités, selon le ministre. C’est notamment : la cimenterie, les engrais, la farine. L’un des gros handicaps selon Big-up reste l’insécurité foncière « qui ne favorise pas la sérénité dans les investissements. Chaque fois qu’un investisseur a la chance d’avoir un terrain, ce sont des conflits à n’en plus finir qui se dégagent. »

Comme quoi, si le président est au sérieux, le parc industriel demandé et qui ne fonctionne pas pourrait bien être réaffecté à des investisseurs. Sauf que l’argent a peur du bruit. C’est donc un mirage.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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