Plainte contre le député de Boké : Kassory joue à se faire peur

Il enregistre un premier accrochage avec un député, celui de Boké, l’eldorado minier de toutes les controverses. Le Premier ministre joue à se faire peur. Il prend de fait de gros risques à vouloir porter plainte contre un élu du peuple déjà couvert par l’article 65, alinéa 1 de la Constitution guinéenne, stipulant qu’aucun aucun membre de l’Assemblée nationale ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou des votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions de député.

Ce qui revient à dire que porter plainte contre cet élu du peuple est non seulement maladroit, mais aussi et surtout expose davantage le PM. Même s’il jure sur le palpitant qu’il ne permettrait pas qu’on souille son honneur, car, « il y a beaucoup de contre-vérités dans ce que l’honorable député Abdoulaye Sylla Boké a proférées. Ce n’est pas une menace, c’est en tant que citoyen, je lui donne une dizaine de jours, pas plus, de prouver d’abord à l’Assemblée et de me communiquer les preuves de ses déclarations sur ma personne. Si au bout de dix jours, cela n’est pas fait, vous me permettrez en tant que citoyen de porter plainte contre lui pour diffamation pour des accusations aussi graves. Mais en attendant, je prends le pari devant vous que je n’ai ni action dans aucune société de Boké, je n’ai ni action dans aucune sous-traitance, je n’ai ni camion, je n’ai ni parent, ni collatéral impliqué dans ce qui se passe à Boké. » C’est ce qui reste à prouver.

En effet,IKF sait plus que quiconque qu’il a trainé des casseroles sous Lansana Conté et même Sydia Touré l’a dénoncé dans un des numéros de l’hebdomadaire panafricain, Jeune Afrique l’Intelligent, évoquant au passage ce qu’il a appelé «Ce rôle central dans les malversations». De longues années après cette accusation, le nom de Don Kass, en sa qualité de ministre d’État à la Présidence chargé des questions d’investissements et du partenariat public et privé est cité dans les mines : le cas de Dian-dian avec Rusal résonne encore. Sans compter la SMB. Une société où une main experte est soupçonnée pour engranger de nombreux fonds à travers des investissements en matériels d’extraction et de transport (logistique). Une misère d’environ 20 millions USD est avancée dans certains milieux et représentant la part du gâteau à Kakandé.

Autant d’accusations qui devraient pousser Don Kass à la réserve. Il lui revient de savoir raison garder. Au risque de s’enfoncer davantage et donc perdre de sa crédibilité en pleine reconstruction. Surtout que le député mis en cause se dit prêt à répondre devant les tribunaux. Et par ricochet, à exposer toutes les réalités constatées dans la région minière de Boké.

Jeanne Fofana,www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.