Politique agricole d’Alpha Condé: erreur de casting ou ignorance?

Pour parler franchement, Alpha Condé peine vraiment à trouver une politique agricole viable. Il parle partout du développement de l’agriculture. Mais il va dans tous les sens. Il veut tout et en même temps. Juste pour rêver faire ce que ses prédécesseurs n’ont pas fait pendant cinquante ans ( ?).

Alpha Condé ne connait pas, il ne s’ouvre pas et ne consulte pas ou très peu, voire il rencontre des amateurs pour parler du superficiel. Les conseillers qui infestent le Palais ne servent manifestement à rien, parce que jamais consultés, jamais appelés à conseiller. En parlant donc aujourd’hui d’anacardes, une proposition qui vient de Sydia Touré, Alpha Condé fait une grosse erreur de casting, pour ne pas dit tout simplement que le président guinéen est un ignorant perdu. Il fait des annonces partout. Récemment, il réédite les mêmes annonces : « On va faire deux cent mille hectares d’anacardiers cette année d’ici le mois d’août ».

Les militants applaudissent et jubilent sans même comprendre. Jeudi dernier, au cours du conseil des ministre Alpha Condé a demandé au gouvernement de mettre un accent sur la nécessité d’inscrire la sensibilisation du monde rural à la culture de l’anacarde et du café à travers une communication ciblée et intense. Selon un observateur de la politique agricole d’Alpha Condé, « Nous savons tous qu’en Guinée jusqu’à preuve du contraire nous consommons du riz, du fonio, des patates douces, du manioc. Comment pouvez-vous un instant penser affecter les terres arables à faire un produit que nous

ne consommons pas ? Lorsque les Guinéens auront faim, ils prendront le peu d’argent qu’ils vont recevoir de ces « anacardiers » pour acheter du riz asiatique avec l’incertitude qui pèse sur le prix de vente des anacardiers et celui du prix d’achat du riz qu’ils vont importer. »

Conséquence, la capacité des agriculteurs à s’offrir les biens et les services notamment alimentaire dont ils ont besoin dépendra d’un marché sur lequel ils n’ont aucun contrôle. Alpha Condé est vraiment un ignorant, il ne sait pas que tous les pays en développement qui s’étaient lancés sur ce chemin de développement agricole l’ont abandonné. « Une économie saine c’est celle qui est peu sensible aux chocs externes : ainsi, il est mieux indiqué d’aider les agriculteurs à produire en priorité les biens que nous consommons avant de penser à un marché agricole à l’export car, le secteur agricole est un secteur subventionné (aidé) dans tous les pays occidentaux alors que chez nous en Guinée, il nous manque des ressources. »

Cet observateur conseille Alpha Condé : « Il faut aider les agriculteurs guinéens à être capables de faire deux ou trois récoltes de nos produits utiles à nos consommations par des technologies simples (maitrise des irrigations des sols par exemple), l’utilisation de nos propres semences afin de ne pas tomber dans une situation de dépendance vis-à-vis des groupes chimiques mondiaux (comme dans certaines régions d’Amérique Latine et des Caraïbes) où le groupe Monsanto appauvri les pays car ces derniers n’arrivent plus à travailler sans les semences produites par l’entreprise dans la mesure où, l’ensemble de leurs semences traditionnelles ont été détruite par le groupe Monsanto sans parler des maladies introduite par ces entreprises chimiques à travers les pesticides. »

Le président guinéen est loin de trouver le bon bout. Dans ce secteur-là aussi. Autant s’assurer de l’échec de l’autosuffisance alimentaire longtemps chanté, sans jamais la réussir. Le développement de l’agriculture – Condé doit le comprendre à ses dépens – passe par des études, d’expertises, etc. On n’improvise rien. Pas besoin d’aller à l’école pour le comprendre. Pauvres de nous !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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