POLITIQUE : Quand Bah Oury égratigne la gouvernance Alpha Condé

Prises très au sérieux, les menaces de reprise des manifestations publiques brandies par l’opposition guinéenne, font réagir tout le monde. Ceux qui sont plus ou moins proches du pouvoir rivalisent d’imagination pour ne pas qu’on en arrive à la mise à exécution des menaces de Cellou Dalein Diallo et de ses acolytes. Dans cette course effrénée, Bah Oury vient de se fendre d’une tribune dans laquelle le vice-président exclu de l’UFDG s’efforce de démontrer l’inanité et le caractère inapproprié de nouvelles marches de rue. Naturellement, il s’en prend et très vertement au chef de file de l’opposition dont la stratégie jugée incohérente, est par ailleurs, dépeinte comme exclusivement guidée par des intérêts personnels. Vu l’état des rapports entre les deux, ce discours n’a rien de surprenant.

Par contre, l’appréciation que Bah Oury fait de la gouvernance actuelle est n’est de celles qu’on attend de lui, vu le contexte et les rapports entre lui et le chef de l’Etat. En effet, au-delà de l’opposition républicaine dont il dont il dénonce l’approche va-t-en-guerre, Bah Oury conclue sa tribune par ceci : « La responsabilité du gouvernement à cet égard est prépondérante, car c’est lui qui a reçu le mandat populaire de gouverner ! ». Conclusion à un texte où l’ancien virulent opposant au président de la République a notamment écrit : « La gouvernance de la Guinée  mérite un changement qualitatif profond » et que « des réformes demeurent essentielles pour reconstruire le dispositif institutionnel du pays et faire évoluer l’appareil administratif du pays ».

Qu’il s’en prenne à Cellou Dalein Diallo avec qui les rapports sont exécrables, c’est compréhensible de la part de Bah Oury. Mais qu’il en vienne à des jugements aussi osés sur la gouvernance du président de la République, cela fait une première démarcation qui ne doit pas être anodine. Même si les propos sont subtils, un certain ton est donné. Après la démission de la commission de réflexion sur l’éducation, est-ce un pas supplémentaire dans le sens d’une rupture annoncée ? C’est bien possible. Car par les temps que vit la Guinée, au risque de se fâcher avec l’opinion publique, il n’est pas évident de soutenir aveuglement le pouvoir actuel.

Peut-être que Bah Oury commence à comprendre la leçon.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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