POLITIQUE : Cellou Dalein à la reconquête de Kaloum

Ceux qui voulaient encore douter du divorce imminent entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo auront été servis hier. Après le meeting que le chef de file de l’opposition a animé dans le centre-ville de Kaloum et surtout le discours qu’il y a tenu, chacun sait à quoi s’en tenir. Devant une foule compacte, le leader de l’UFDG, faisant comme si la trêve en cours n’avait jamais existé, s’en est vertement pris au pouvoir d’Alpha Condé. Un pouvoir qu’il a déconseillé à la jeunesse de Kaloum au motif que celle-ci a toujours été berné par celui-là. En lieu et place, il pose l’UFDG en alternative susceptible d’offrir de l’emploi décent aux jeunes.

Reprenant plus tôt que prévu ses habits d’opposant, Cellou Dalein Diallo, en s’adressant à son auditoire en majorité composé de jeunes désœuvrés, s’est attaqué à la sortie sensible du chômage chronique :

« Les pratiques du pouvoir ont été toujours de priver les jeunes de Kaloum de l’emploi et de venir à la veille des élections, avec de l’argent et du riz. Mais à partir du lendemain des élections, vous ne le verrez plus »

S’appuyant dessus, il a invité les jeunes à prendre leur responsabilité en tirant les leçons de cette attitude de la part des autorités actuelles. En tout cas, en ce qui le concerne, il assure que l’UFDG agira différemment une fois qu’elle sera au pouvoir :

« Avec l’UFDG, la première préoccupation c’est de trouver de l’emploi décent pour les jeunes de Kaloum. Ici, on ne peut pas faire de l’agriculture. Tout le monde ne peut pas faire de la pêche ou du commerce. Il faut que les jeunes de Kaloum aient une prise en charge particulière pour certains emplois, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Toute la presqu’île est occupée par des buildings et les jeunes de Kaloum n’ont pas d’emploi. Il faut qu’on trouve des solutions permettant aux jeunes et aux femmes de Kaloum de vivre dignement ».

Mais cet avenir reluisant, Cellou Dalein précise que les jeunes de Kaloum ne peuvent l’obtenir qu’en prenant conscience que le pouvoir actuel les a toujours bernés avec les sacs de riz et de l’argent qu’il leur donne à la veille des échéances électorales. S’il ne les défend pas de prendre ces « cadeaux », il les exhorte toutefois à ne pas sacrifier des perspectives prometteuses pour des solutions aussi éphémères.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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