Possible report des communales : l’avis du juriste Mohamed Camara

Les élections communales prévues pour le mois de février prochain risquent encore d’être reportées. C’est en tout cas ce que prédisent de nombreux observateurs de la vie politique guinéenne. Ces derniers jours, cette possibilité est l’un des sujets les plus commentés dans les lieux publics à Conakry.

Pour le juriste et analyste politique Mohamed Camara, si les élections doivent vraiment se tenir au mois de février 2017 qui contient, rappelons-le, 28 jours, alors le corps électoral doit être convoqué 60 jours avant le jour-J.

Le professeur d’université conseille donc d’éviter d’aller jusqu’au vendredi 30 décembre 2016 pour appeler le corps électoral, au risque de ne plus pouvoir aller aux élections au mois de février prochain comme prévu par l’accord politique signé le 12 octobre dernier entre la mouvance présidentielle et une partie de l’opposition républicaine.

Par le passé, la question de tenues d’élections a agité la classe politique guinéenne, faisant couler beaucoup de sang dans les quartiers favorables à l’opposition à Conakry. Les opposants au président Alpha Condé ont toujours exprimé des doutes sur l’indépendance de l’organe organisateur de ces élections, la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Dans un pays où le respect des lois de la République est encore un rêve, un nouvel report de ce scrutin censé permettre d’élire les maires sera tout sauf une surprise. Depuis plus de 10 ans, les populations guinéennes n’ont pas pu choisir librement leurs représentants locaux ; les désignations des maires s’étant faites par l’exécutif ou à la suite de consensus obtenus entre politiciens.

Mohamed Camara estime que si l’on veut «qu’une élection se passe sans faire un scrutin bâclé aux résultats contestables, il faut maîtriser le cadre juridique. Puis, il faut maîtriser le fichier électoral et l’organisme qui gère les élections c’est-à-dire la CENI», a-t-il expliqué.

Alors que les textes juridiques sont clairement établis, la Guinée ne finit pas avec le perpétuel débat sur l’organisation d’élections (présidentielle, législatives, locales, communales ou communautaires) pour se pencher (enfin) sur les véritables problèmes qui assaillent la population qui tire le diable par la queue au moment où la pauvreté ne fait que gagner du terrain. Le bout du tunnel est encore loin dans ce pays victime de sa classe politique !

Thierno Diallo, Kababachir.com

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