POST-EBOLA : Alpha Condé déplore la lenteur des donateurs

On se rend désormais compte que c’est par méconnaissance des agissements de la communauté internationale que le chef de l’Etat avait lancé qu’Ebola serait une opportunité pour la Guinée. A l’époque, ayant la tête dans les étoiles parce que reçu et choyé par tous les grands du monde, il s’était imaginé que ces derniers mettraient aussi mécaniquement la main à la poche pour répondre aux solutions de son pays. Or, comme à chaque fois que les bailleurs se sont engagés, les promesses ont du mal à se concrétiser.
Ce décalage entre les bonnes intentions et leur concrétisation, le président Alpha Condé l’a relevé et l’a déploré hier, à l’occasion du 24ème sommet des chefs d’Etat de la Mano River Union qui se tenait à Conakry. En effet, évoquant le plan sous-régional de relance économique des pays dernièrement affectés par Ebola, le chef de l’Etat guinéen a reconnu que ce dernier est confronté à « des difficultés de mise en œuvre en raison du fait que les engagements pris lors des réunions de Bruxelles, Washington en 2015 tardent à se concrétiser ». A ce cri de cœur, certains pourraient rétorquer au président de la République qu’il n’a rien vu encore.  
Car la phase critique de l’épidémie étant passée, Alpha Condé n’est plus aussi audible qu’il semblait le croire. Surtout qu’il commence à manifester des velléités (troisième mandat et séduction de la Russie) de nature à effrayer certains des partenaires dont il dénonce ainsi la lenteur. Et que par ailleurs, la faible capacité d’absorption des financements par son pays vient d’être publiquement dénoncée par la Banque mondiale. Avec autant de handicaps, qui plus est, dans un contexte morosité économique mondiale, Alpha Condé pourrait continuer à attendre voir le volet opportunité d’Ebola.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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