Poste de Premier ministre : coquille vide ?

Ni le poste de Premier ministre, ni la personne qui l’incarne ne changent le cours normal des choses. La Primature est une coquille vide, budgétivore. « Vous avez vu au CNT votre Premier ministre ça sert à rien du tout. Dans un régime présidentiel, un président nomme le Premier ministre, il l’enlève quand bon lui semble. Vous croyez qu’il y a un autre pouvoir en face de ce président », s’offusque Salifou Sylla, le médiateur auprès de l’opposition républicaine.

La primature ne sert pas à grand-chose, selon lui, «d’autant plus que nul, il n’a même pas d’emprise sur les autres ministres, dans un système et ce n’est pas propre à la Guinée. Regardez les Premiers ministres au Sénégal, en Côte d’Ivoire et autres. Les pays africains ont installé les Premiers ministres, et ces premiers ministres ne font rien d’essentiel, vous savez comment ils changent les Premiers ministres comme des chemises, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et d’autres pays, ce n’est pas des gens qui ont des pouvoirs fondamentaux. »

Parlant de Said Fofana, Salifou Sylla rappelle qu’il a fait 5 ans sans jamais avoir la moindre emprise sur le gouvernement, « si ce n’était pas organiser des lectures de coran et autres, il servait à quoi ? » D’ailleurs, reconnait-t-il, « Il y a des ministres qui sont plus importants que lui, mais quand vous avez un président qui s’accapare de tous les pouvoirs, qui reçoit même les petits entrepreneurs qui viennent ici, ça veut dire que les ministres ne servent à rien, c’est lui qui fait tout. On a simplement cherché à garnir, on l’a mis Premier ministre et c’est à cela que ça sert, il ne sert à rien maintenant quand vous avez un président qui est capable de déléguer. »

Pour cet ancien ministre de Lansana Conté, c’est le président qui donne l’importance à son Premier ministre, à condition qu’il ne se substitue pas à lui à tout point de vue, et que le Premier ministre soit là pour remplir une case. Or, il se trouve aujourd’hui que les ministres font ce que bon leur semble, ils n’ont que l’autorité du président qu’ils reconnaissent. C’est le président qui favorise ça. Mamady Youla ne dira pas le contraire, encore moins son prédécesseur.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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