Pour l’ancien chef de la CIA, Trump «devrait avoir honte»

Entre Donald Trump et les services de renseignement américains, les relations sont particulièrement tendues. Samedi, le président américain a mis en avant les dénégations de Vladimir Poutine concernant les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle. Un journaliste lui a alors rappelé les conclusions des 17 agences de renseignement américaines qui ont été unanimes en janvier dernier pour conclure à une ingérence de Moscou.

«On vous dit que c’est 17 agences. Et bien, c’est trois. L’une d’elles, c’est Brennan, l’autre c’est machin. Ce sont des vendus», avait-il répondu. «Franchement, vous avez Brennan, vous avez Clapper, vous avez Comey», a-t-il ajouté en référence à l’ancien chef du FBI limogé, James Comey. «Comey a prouvé qu’il était un menteur et qu’il a organisé des fuites.»

«Il nous a traités de vendus parce qu’il essaie de délégitimer les conclusions» des services de renseignement, a répondu l’ex-directeur de la CIA John Brennan, interrogé ce dimanche sur CNN aux côtés de l’ancien patron des services de renseignement américains James Clapper. «Vu la source des critiques, je considère ces critiques comme un honneur», a ajouté l’ancien patron de la CIA, nommé par Barack Obama.

Trump «semble incapable d’avoir honte de quoi que ce soit»

Mettre en doute l’honnêteté de Jim Clapper, qui est un ancien général, le 11 novembre, date à laquelle sont honorés les anciens combattants, «est scandaleux», a poursuivi John Brennan. «C’est une chose dont M. Trump devrait avoir honte mais il semble qu’il soit incapable d’avoir honte de quoi que ce soit».

Pour sa part, James Clapper s’est inquiété du refus de Donald Trump de reconnaître l’ingérence de la Russie dans le scrutin présidentiel de 2016. «Poutine est déterminé à affaiblir notre système, notre démocratie et notre processus électoral tout entier», a déclaré l’ancien patron du Renseignement américain, qui supervise les 17 agences. «Le présenter d’une autre façon est sidérant, et représente en fait un danger pour notre pays».

Dimanche, Donald Trump a semblé atténuer la portée de ses précédentes déclarations en assurant «croire» le renseignement américain, «tel qu’il est dirigé maintenant, par des gens très bien». Mais les conclusions de janvier des services de renseignements «ont été écrites par des officiers du renseignement», pas par les dirigeants des agences, a fait remarquer John Brennan. «Et je suis convaincu que les hommes et les femmes de la communauté du renseignement continueront à dire la vérité au pouvoir, même si le pouvoir ignore la vérité», a renchéri James Clapper.

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