Présidence à vie : Ouattara et Issoufou rassurent, Condé dans le flou !

 

Ils avaient quelque chose en commun : tous les trois sont venus au pouvoir au même moment. Ils ont été estampillés « Présidents démocratiquement élus ». Tous les trois ont été réélus après avoir été reçus par Obama à la Maison Blanche, pour cette transition démocratique de ces voisins de l’Ouest africain. Au-delà des crises internes, Ouattara, Issoufou et Condé ont forcé de fait, les portes des aides extérieures, renoué avec la diplomatie, etc.

A l’épreuve du pouvoir, certains ont opté pour le complot permanent ourdi par des opposants. Hama Amadou est éloigné de Niamey, Bagbo est éloigné de la Lagune Ebrié, Conakry avait misé sur la fin des opposants avec le fameux attentat de Kipé, avant de se raviser et faire taire autrement « ces petits comptables et nains politiques ». Quoi de plus normal, parce qu’il faut se rassurer d’une certaine tranquillité dans la gestion de l’Etat pour les deux mandats ( ?) déjà entamés ! Sûr des réalisations faites, Ouattara a coupé court. Le Président ivoirien raccrochera en 2020 et quittera le palais présidentiel, après avoir eu le sentiment d’avoir, entre autres, bien « renforcé la présence de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale et améliorer fondamentalement la gouvernance du pays. » C’est ADO lui-même qui a fait l’annonce, le 4 janvier 2017, à l’occasion de la présentation de ses vœux de nouvel an à l’ensemble du corps diplomatique accrédités dans son pays.

Du côté de Sékhoutouréya en effet, une certaine tentation hante le sommet pour modifier la Constitution et permettre à son locataire, à peine élu pour un second et dernier mandat constitutionnel, de miser sur une présidence à vie. Déjà à vue depuis plus de six ans sans grand résultat, au regard des promesses électorales (autosuffisance alimentaire, fourniture d’eau et d’électricité, etc.) et des grands défis (lutte contre la corruption, les détournements, les infrastructures, etc.), l’homme qui s’interdit de lire les journaux, de suivre la télévision et de surfer sur Internet peine et patine. Le ciel se dégage au bord de la Lagune Ebrié au moment où sur les rivages de l’Atlantique,  BangalyKourouma et son bataclan excellent dans la logique révisionniste. Ils doivent comprendre à leurs dépens et avec Charles de Gaulle que : « Dans chaque Constitution, il y a la lettre et il y a l’esprit. C’est évidemment l’esprit qui est importante ».

Conakry garde donc le flou. Ces dernières 24 heures, c’est un ami, un frère venu au même moment au pouvoir que le président Condé qui lâche : « Je n’ai pas cette arrogance de penser que je suis un homme providentiel irremplaçable. » Mahamadou Issoufoun’a pas fait économie de mots pour trancher dans le vif. Un clin d’œil pour Conakry ? Certainement, l’octogénaire de Conakry aura la sagesse lui-aussi d’annoncer son départ au terme de ses deux mandats…chaotiques.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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